Guide d’utilisation et précautions d’emploi des huiles essentielles en aromathérapie
A lire avant l’utilisation de toutes huiles essentielles
Une huile essentielle (HE), est un concentré de molécules aromatiques, extrait par hydro-distillation (ou expression à froid pour les essences) d’un plante aromatique. Ce concentré d’actif est 100% pur, c’est-à-dire qu’à la différence d’une huile végétale, il ne contient pas de corps gras, tout comme il ne contient pas non plus d’eau, à la différence d’une tisane. Pour profiter de ses bienfaits en toute sécurité, il est donc important de respecter quelques précautions d’utilisation indispensables, surtout lorsqu’on en fait un usage familial non initié.
L’aromathérapie n’a pas pour objectif de remplacer un diagnostic ni/ou une prescription médicale. Les huiles essentielles sont déconseillées d’ailleurs sans avis médical, précisément chez tous les sujets fragiles (enfants, femmes enceintes et allaitantes, sujets allergiques, asthmatiques, épileptiques), ou en cas de prise de médicaments. Avant toute utilisation consultez ces précautions d’emploi, lisez cet article et inscrivez-vous au parcours d’initiation gratuit.
Que faire en cas d’accident avec l’utilisation des huiles essentielles ?
- En cas d’ingestion accidentelle, avalez 3 ou 4 cuillères à soupe d’huile végétale afin de diluer l’huile essentielle, consultez un centre anti-poison ou appeler un médecin.
- En cas d’application d’HE dermocaustiques sur la peau et de vive brûlure, il est conseillé d’appliquer en grande quantité d’HV de noyau d’abricot pour ralentir l’absorption de l’HE.
- En cas de projection dans les yeux : essuyer l’œil en urgence avec un coton largement imbibé d’huile végétale, ne pas rincer à l’eau, enlever le trop plein avec des pipettes de sérum physiologique et consulter les urgences ophtalmiques.
- En cas de malaise, de brûlure ou de réaction d’intolérance, il est conseillé d’appeler le centre anti-poison le plus proche.

Par quelle voie utiliser les huiles essentielles ?
Les huiles essentielles (HE) peuvent s’utiliser :
- Par le nez (sauf pour les huiles essentielles interdites) pour les prendre soin des voies ORL ou pour la gestion du stress et des émotions :
- En inhalation, à respirer à l’intérieur des poignets, au flacon ou sur un mouchoir, ou encore un stick inhalateur,
- Dans le diffuseur atmosphérique,
- Dans le bain, en ayant pris soin de les diluer auparavant dans un dispersant (Disper, Solubol),
- Sur la peau (sauf pour les huiles essentielles à risque), pour une action locale ou systémique, en application en respectant scrupuleusement les conseils donnés pour leur dilution,
- Par voie interne, (sublinguale, orale, rectale ou vaginale), sur avis d’un aromathérapeute.
La dilution : un bon réflexe de prudence
En usage familial la dilution est vivement recommandée, quel que soit la voie d’utilisation. Diluer systématiquement une huile essentielle dans une huile végétale, favorise la tolérance et diminue les risques toxiques.
- Pour l’utilisation sur la peau, l’huile végétale de noyau d’abricot (ou amande douce) est conseillée pour la dilution : 1 goutte d’huile essentielle diluée dans 4 gouttes d’HV,
- Pour l’utilisation en bouche, toute huile végétale alimentaire peut être utilisée pour diluer l’huile essentielle : (1 à 2 gouttes d’huile essentielle dans une cuillère à café d’HV),
- Les huiles essentielles ne se diluent pas dans l’eau, elles restent à sa surface. Il faut systématiquement avoir recours à un dispersant (SOLUBOL OU DISPER) pour les solubiliser dans un verre d’eau, dans le bain ou dans une tisane, à raison de 4 fois plus de dispersant que d’huile essentielle.
Précautions générale d’utilisation des huiles essentielles
Il est recommandé de systématiquement diluer vos huiles essentielles dans une huile végétale (abricot, amande par ex), pour sécuriser au maximum les risques d’intolérance. Plus un sujet est fragile, plus il faut diluer dans l’HV.
Gardez toujours les huiles essentielles hors de portée et hors de vue des enfants. Pour leur sécurité, ne jamais retirer la capsule codi-goutte des flacons des huiles essentielles.
En fonction des fragilités individuelles :
- Grossesse et allaitement : pas d’automédication avec les huiles essentielles sans un avis médical
- Sujets allergiques : test cutané d’allergie obligatoire au pli du coude est nécessaire, au moins 48h avant l’utilisation de toute huile essentielle. Les sujets asthmatiques ou ayant des allergies respiratoires éviteront l’inhalation des huiles essentielles.
- Enfants < 7 ans : pas d’automédication avec les huiles essentielles sans un avis d’un médecin aromathérapeute et test cutané d’allergie obligatoire au pli du coude, au moins 48h avant.
- Sujets asthmatiques et épileptiques : éviter la diffusion atmosphérique, et l’utilisation des huiles essentielles contenant du 1,8 cinéole (ravintsara, eucalyptus, romarins, myrte, lavande aspic, niaouli… liste non exhaustive)
- Antécédents de pathologie hormono-dépendante (cancer du sein, de l’endomètre, fibrome, endométriose…) : pas d’automédication avec les huiles essentielles sans un avis de médecin aromathérapeute
- Demandez toujours un avis médical avant d’associer huiles essentielles et traitement médicamenteux.
Comment réaliser un test d’allergie aux huiles essentielles ?
Appliquer une goutte de la synergie à utiliser dans le pli du coude et observer l’aspect de la peau pendant 48h. S’il y a l’apparition de rougeurs, de démangeaisons ou d’une irritation, ne pas utiliser cette synergie d’HE.
Ce test est obligatoire avant l’utilisation de toute HE, à la première utilisation d’huiles essentielles et pour : les sujets souffrants d’eczéma, de peau réactive, sensible ou atopique, pour les enfants < 7 ans, pendant la grossesse et l’allaitement.
Il est formellement interdit :
- D’injecter les HE, de les mettre dans les yeux, de les appliquer sur la ceinture abdominale pendant la grossesse,
- De les utiliser chez le nourrisson de moins de 3 mois,
- De les utiliser sans avis médical pendant la grossesse l’allaitement, chez l’enfant < 7 ans, en cas d’asthme ou d’épilepsie, en cas d’antécédent de pathologie hormono-dépendante (hypo ou hyperthyroïdie, fibrome, cancer du sein, endométriose, mastose) ou en cas de prise de médicament (risque d’interaction),
- De les utiliser pures dans le nez, les oreilles ou les parties sensibles (comme les zones ano-génitales). Une dilution minimale à 5% dans une huile végétale est nécessaire.
Pour chaque voie d’utilisation, il est nécessaire de respecter les doses conseillées et le degré de sensibilité du sujet. Une goutte, c’est une goutte.
Connaître les huiles à risque
Huiles essentielles allergisantes
Toutes les HE présentent un risque potentiel allergique. Il y a un risque accru avec :
Achillée millefeuille, baume de Copahu, Cannelle de Ceylan écorce et feuilles, Cannelle de Chine, Cyprès, Inule odorante, Khella, Laurier noble, Mélisse, Millepertuis, Térébenthine, mais aussi avec baume du Pérou.
Huiles essentielles dermocaustiques (déconseillées sur la peau et au contact de la bouche et des muqueuses)
Certaines huiles essentielles, notamment riches en phénols, aldéhydes (cinnamaldéhyde, citral…) et terpènes (pinènes,paracymène, limonène), sont irritantes voire dermocaustiques pour la peau et les muqueuses. Veillez toujours à bien respecter les dilutions conseillées, et connaître la liste des HE déconseillées par voie cutanée ou sublinguale (brulure de la bouche).
Ail (propriétés nécrosantes et vésicantes), Ajowan, Cannelle de Chine, Cannelle Tamala, Cannelle de Ceylan écorce et feuilles, Girofle clou et feuille, Origan compact, Origan vulgaire, Sarriette des montagnes, Thym à thymol.
Huiles essentielles hépatotoxiques (déconseillées au long cours plus de 15 jours)
Ces huiles essentielles sont déconseillées au long cours et en première intention. Les doses et durée d’utilisation recommandées doivent être respectées. Elles sont contre-indiquées en cas d’insuffisance hépatique, pendant la grossesse, l’allaitement, et chez l’enfant < 7 ans, ainsi qu’en cas de prise de médicament fluidifiant sanguin ou anti-coagulant.
Ajowan, Cannelle de Ceylan feuille (eugénol), Girofle clou et feuille, Thym à thymol, Thym saturéoïdes, Origan compact, Origan vulgaire, Sarriette des montagnes.
Huiles essentielles irritantes
Certaines HE présentent un forte risque d’irritation (elles piquent). Elles doivent être systématiquement diluées dans une HV de noyau d’abricot (20% à 50% selon les HE) ou très localement pures :
Amande amère, Aneth, Anis vert, Basilic sacré et tropical, Bay St-Thomas, Bouleau noir, Carvi, Cumin, Estragon, Eucalyptus citronné, Eucalyptus à cryptone, Eucalytus globulus, Eucalyptus mentholé, Gaulthérie couchée, Gaulthérie odorante, Inule odorante, Lentisque pistachier, Lemongrass, Litsée citronnée, Menthe des champs, Menthe poivrée (possible 1 goutte pure localement en gestion de la douleur, mais jamais pure sur une surface étendue, ni dans le bain ; pour une application sur une surface étendue, diluer à maxi 5%), Menthe verte, Origan kaliteri, Palmarosa, Pin sylvestre, Sapin baumier, Sapin Sibérie, Serpolet, Térébenthine, Thym saturéoïdes, Verveine odorante, Ylang-Ylang.
Huiles essentielles photosensibilisantes
Certaines huiles essentielles (contenant des furocoumarines) sont photosensibilisantes. L’application ou la prise orale de ces huiles peut provoquer, sous exposition aux rayons ultra-violets, des réactions cutanées plus ou moins fortes (photoallergie, coup de soleil, brûlure, cancérisation,…). et la présence de n’importe quelle HE sur la peau peut entrainer un risque de photoallergie. Il est vivement conseillé de ne pas s’exposer au soleil dans les 8 heures suivant l’utilisation de n’importe quelle huile.
Celles du genre Citrus (essences d’agrumes) : Bergamote, Citron, Citron vert, Mandarine (jaune, rouge, verte), Orange, Orange sanguine, Pamplemousse, mais aussi Angélique, Céleri, cumin, Khella, Livèche, Tagète, Verveine odorante.
Huiles essentielles à risque neurotoxique et abortif
Certaines HE (en particulier celles riches en cétones monoterpéniques), sont interdites chez les femmes enceintes et allaitantes (risque neurotoxique et abortif), chez les enfants de moins de 6 ans et chez les personnes épileptiques ou souffrant de troubles neurologiques graves. Elles peuvent provoquer malaise, vertiges, convulsions, fausse couche voire comas. chez l’adulte elles sont déconseillées par voie interne (sauf HE menthes et romains à verbénone), et toujours avec le respect des pauses thérapeutiques de 2 jours par semaines ou1 semaine par mois.
Achillée millefeuille, Aneth, Anis vert, Carvi, Cèdre de l’Atlas, Cèdre de l’Himalaya, Curcuma, Eucalyptus à cryptone, Eucalyptus globulus, Eucalyptus mentholé, Fenouil doux, Lavande aspic, Lavande stoechade, Menthe des champs, Menthe poivrée, Menthe verte, Noix de muscade, Persil, Romarin à camphre, Romarin à verbénone, Romarin à cinéole, Tagète, Tanaisie annuelle
REMARQUE : Liste des huiles essentielles appartenant au monopole pharmaceutique (risque neurotoxique et/ou tératogène)
Grande absinthe, Petite absinthe, Armoise commune, Armoise blanche, Armoise arborescente, Chénopode vermifuge, Hysope officinale, Moutarde jonciforme, Rue, Sabine, Sassafras, Sauge officinale, Tanaisie vulgaire, Thuya du Canada ou Cèdre blanc, Cèdre de Corée, dits « cèdre feuille », Thuya.
Principales huiles essentielles ayant des influences hormonales (Listes non exhaustives)
Effet à prendre en compte et déconseillé notamment en cas de pathologies hormono-dépendantes :
- Liste de HE ayant un effet « œstrogen-like » (=qui procure les mêmes effets que les œstrogènes endogènes) : ne pas utiliser, au long cours, en cas de mastose, cancer du sein, cancer de l’endomètre, cancer de l’ovaire, endométriose, fibrome.
Anis vert, Anis étoilé Carvi, Camomille allemande, Cèdre de l’Atlas, Cèdre de Virginie, Céleri, Citronnelle de de Java, Cyprès toujours vert / de Provence, Elémi, Fenouil doux, Fenouil amer, Niaouli, Palmarosa, Patchouli, Sauge sclarée, Tanaisie annuelle, Vétiver.
- HE à effets toniques et stimulants sur la fonction ovarienne et peuvent donc aussi avoir une action stimulante des œstrogènes : ne pas utiliser, au long cours, en cas de mastose, cancer du sein, cancer de l’endomètre, cancer de l’ovaire, endométriose, fibrome.
Menthe poivrée, Menthe citronnée, Verveine citronnée, Vétiver.
- HE à effets cortisone-like (qui stimulent les effets œstrogéniques) : ne pas utiliser au long cours, en cas de mastose, cancer du sein, cancer de l’endomètre, cancer de l’ovaire, endométriose, fibrome.
Epinette noire, Pin sylvestre, Pin maritime, Térébenthine.
- Effets régulateurs endocriniens :
Romarin à verbénone, Achillée millefeuille, Coriandre, Géranium Bourbon, Sarriette
- HE à effet hypothyroïdien (à éviter au long cours en cas d’hypothyroïdie) :
Marjolaine à coquilles ou Marjolaine des jardins, Myrrhe de Somalie
- HE à effet hyperthyroïdien (à éviter au long cours en cas d’hyperthyroïdie) :
Cannelles, Gaulthéries en application sur la thyroïde, Giroflier clou, Myrte vert, Verveine citronnée, Vétiver.