Soulager les règles douloureuses avec les huiles essentielles

Règles menstruations huiles essentielles

Pression dans le bas-ventre, tension dans le bas du dos, tiraillement, élancements : ces symptômes douloureux, rassemblés sous le terme de dysménorrhée, sont fréquents en période de règles. De nombreuses femmes en souffrent, à tout âge. L’intensité de ces douleurs est variable et peut être très invalidante. Les huiles essentielles calment les spasmes et libèrent les tensions : celle d’Estragon est à privilégier et d’autres peuvent y être associées pour retrouver fluidité et énergie dans le bas-ventre. Comment les utiliser pour traverser sereinement cette période délicate du mois ?

Règles ou menstruations : mécanisme

Les règles, ou menstruations, rythment la vie des femmes depuis la nuit des temps. Chaque mois, la muqueuse utérine se prépare à l’implantation d’un embryon. Si celui-ci est conçu, un corps jaune est produit par l’ovaire et maintient un taux hormonal favorable à la nidification. Si ce n’est pas le cas, la chute hormonale (progestérone et œstrogènes) observée en fin de cycle, provoque une modification de la muqueuse utérine, dont la partie superficielle se délite, pour pouvoir se renouveler au cycle suivant. Cela se traduit par une perte de sang : les règles. La longueur du cycle est variable d’une femme à une autre et dépend de nombreux facteurs (hormonaux, émotionnels…). Il est lié à la date d’ovulation, les règles ayant toujours lieu 14 jours après celle-ci. La durée des règles est aussi fluctuante selon les femmes, et durent de 2 à 6 jours pour un cycle de 28 jours en moyenne.

Dysménorrhée ou règles douloureuses

Les douleurs des règles, ou dysménorrhée, s’observent en toute fin de cycle ou au contraire les tout premiers jours des menstruations. Elles peuvent s’inscrire dans le cadre d’un syndrome prémenstruel (SPM) et être alors liées à un déséquilibre hormonal. Mais parfois, ces douleurs sont isolées et se manifestent uniquement par des spasmes musculaires et/ou une congestion temporaire du bas-ventre. Des douleurs très intenses, ne cédant pas, ou peu, à des traitements habituels doivent orienter vers une éventuelle fausse-couche ou une endométriose, caractérisée par la présence de muqueuse utérine dans la cavité abdominale, en dehors de son emplacement habituel.

Quelles huiles essentielles choisir pour calmer les règles douloureuses ?

Les huiles essentielles soulageant les douleurs des règles sont nombreuses et leur association permet d’agir sur plusieurs axes, la priorité étant d’abord de calmer les spasmes. L’huile essentielle à privilégier en tout premier est celle extraite de l’Estragon.

Règles douloureuses : un geste simple avec l’huile essentielle d’Estragon

L’Estragon, Artemisia dracunculus ou herbe aux dragons ou encore armoise âcre, est une plante aromatique, originaire de Russie et cultivée en Europe, couramment utilisée en cuisine et facilement reconnaissable à son odeur anisée typique. Elle appartient à la grande famille des Astéracées (tout comme la Camomille romaine ou l’Hélichryse italienne) et est utilisée en phytothérapie depuis longtemps pour ses propriétés digestives et antispasmodiques.

Sa distillation permet d’extraire une huile essentielles riche en méthylchavicol, ou estragol, aux propriétés très antispasmodiques neuromusculaires : c’est une huile essentielle de choix pour traiter les spasmes et douleurs gynécologiques.

Le geste simple : mélanger 3 gouttes d’huile essentielle d’Estragon avec 3 gouttes d’huile végétale de noyau d’Abricot, puis masser le bas-ventre, 3 à 6 fois par jour pendant 2 à 4 jours au moment des règles.

Contre-indications : femmes allaitantes – limiter son utilisation à un usage ponctuel

Autres huiles essentielles précieuses pour calmer les règles douloureuses ou dysménorrhée

  • HE Petit Grain bigarade : huile essentielle extraite du petit grain qui donnera l’orange amer, très antispasmodique, anti-inflammatoire et antalgique, elle est indiquée pour tout spasme douloureux, quelle que soit sa localisation. C’est aussi une belle rééquilibrante nerveuse et émotionnelle.
  • HE Lavandin super : croisement entre la lavande fine et la lavande aspic, le lavandin donne une huile essentielle camphrée, aux propriétés relaxantes, décontracturantes musculaires et antispasmodiques puissantes.
  • HE Camomille romaine ou noble : plante utilisée depuis longtemps en phytothérapie, son huile essentielle est antalgique puissante, anti-inflammatoire, antispasmodique, pré-anesthésiante. On peut y recourir pour tout type de douleur spastique. Au niveau émotionnel, elle apporte calme, détente et sérénité.
  • HE Cyprès toujours vert : arbre longiligne, typique du pourtour méditerranéen et d’une longévité exceptionnelle. Son rameau feuillé donne une huile essentielle d’odeur résineuse un peu mentholée, proche de celle du pin. Elle décongestionne particulièrement bien le bas-ventre, en raison de son action sur les réseaux veineux et lymphatiques. Au niveau psycho-émotionnel, elle dissipe insécurité et anxiété, et aide dans les périodes de transition, de « passage ». Remarque : contenant des molécules « oetrogen-like », elle est déconseillée en cas d’antécédents de cancer hormonodépendant, mastose ou endométriose.

Dysménorrhée : à chaque type de douleur sa synergie

Les règles douloureuses peuvent se manifester par des spasmes intenses et des contractures plus fulgurantes ou par une congestion de toute la zone pelvienne avec des douleurs plus diffuses. Dans le premier cas, on pourra associer l’huile essentielle d’Estragon à des huiles essentielles très décontracturantes et relaxantes. Dans le second cas, on privilégiera une association avec une huile essentielle antalgique et une huile essentielle décongestionnante veineuse et lymphatique, qui soulagera l’ensemble du petit bassin, apportera légèreté et fluidité.

MES FORMULES
« Règles soulagées »

Synergie antispasmodique, antalgique, décontracturante et relaxante

HE Estragon, Artemisia dracunculus3 ml
HE Petit grain bigarade, Citrus aurantium var amara3 ml
HE Lavandin super, Lavandula burnatii clone super3 ml
HV noyau d’AbricotQSP 30 ml
(complément)

Mode d’utilisation : prendre un flacon compte-goutte en verre teinté de 30 ml. Y déposer les huiles essentielles dans les quantités indiquées et compléter avec l’huile végétale de noyau d’Abricot. Puis, masser le bas-ventre avec le mélange, 3 à 6 fois par jour pendant 2 à 4 jours au moment des règles. Avant le lavage des mains, compléter le massage par une olfaction attentive du mélange en prenant 4 à 5 grandes inspirations profondes.

Contre-indications : femmes allaitantes, sujets épileptiques

Synergie antispasmodique, anti-inflammatoire, antalgique et décongestionnante

HE Estragon, Artemisia dracunculus3 ml
HE Cyprès, Cupressus sempervirens3 ml
HE Camomille romaine, Chamaemelum nobile3 ml
HV noyau d’AbricotQSP 30 ml
(complément)

Mode d’utilisation : prendre un flacon compte-goutte en verre teinté de 30 ml. Y déposer les huiles essentielles dans les quantités indiquées et compléter avec l’huile végétale de noyau d’Abricot. Puis, masser le bas-ventre avec le mélange, 3 à 6 fois par jour pendant 2 à 4 jours au moment des règles. Avant le lavage des mains, compléter le massage par une olfaction attentive du mélange en prenant 4 à 5 grandes inspirations profondes.

Contre-indications : femmes allaitantes, antécédents de cancer hormonodépendant, mastose ou endométriose – L’huile essentielle de Cyprès peut alors être remplacée par l’huile essentielle de Lentisque pistachier

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Vous trouverez aussi sur le site AMSOAM, la liste des ateliers d’aromathérapie niveau initié pour vous permettre de bien utiliser les huiles essentielles chez vous, de manière efficace et en toute sécurité. Pour commencer n’oubliez pas de suivre l’atelier découverte et initiation aux huiles essentielles.

Lectures complémentaires conseillées : tous les conseils pour un confort intime optimal.

Faire disparaître les poils incarnés avec les huiles essentielles

Poils epilation huiles essentielles

Au fil des épilations, la pilosité peut être un lieu d’inflammation et d’infection. On parle même de poils incarnés, lorsque la tige pilaire s’enfonce dans le tissu cutané, allant jusqu’à former de petits kystes plus ou moins infectés. Voici des conseils simples avec les huiles essentielles et les huiles végétales pour les prévenir ou assainir et gommer ces imperfections : le poil refait surface et le grain de la peau retrouve un aspect net et lisse.

Qu’est-ce qu’un poil incarné ?

Un poil incarné est un poil dévié de sa trajectoire : il ne pousse pas perpendiculairement à la peau, mais sous la peau, provoquant inflammation et rougeur. Parfois, cette zone gonfle, devient douloureuse, s’infecte et peut aller jusqu’à la formation d’un kyste. Souvent, cela concerne les poils du maillot ou des jambes. Ce phénomène dépend du type de poil (les poils bouclés sont particulièrement concernés) et s’observe surtout quand la peau est sèche et/ou épaisse. Il est accentué par les épilations, si le sens de pousse du poil n’est pas respecté. Tout poil incarné suspect, ne régressant pas avec l’application de soins appropriés, nécessite une consultation médicale.

Comment prévenir la formation des poils incarnés et diminuer naturellement la repousse des poils ?

L’état de notre peau et de nos poils dépend de notre alimentation, de l’attention portée à notre corps et de notre hygiène de vie globale. Des soins locaux réguliers et adaptés permettent aussi de prévenir la formation des poils incarnés. A cet effet, il est bon de :

  • réaliser deux fois par semaine des gommages des zones les plus à risque
  • procéder à une hydratation quotidienne de ces zones, si besoin avec des soins cosmétiques maison à base d’urée et d’acide salicylique végétal
  • nourrir la peau en y appliquant des huiles végétales, notamment l’huile végétale de Souchet

Zoom sur l’huile végétale de Souchet : « l’huile de la pilosité »

Cette huile végétale, de première pression à froid, est obtenue à partir d’un tubercule comestible, Cyperus esculentus, qui pousse en Afrique. Huile de table, de couleur ambrée au petit goût de noisette ou d’amande, très riche en oméga 9, elle se consomme. En application locale, elle nourrit, adoucit et assouplit la peau, en améliorant son élasticité. Elle est traditionnellement utilisée pour limiter la repousse des poils et lutter contre l’apparition des poils incarnés. Elle peut être employée comme ingrédient dans des soins cosmétiques maison ou en application quotidienne pour les soins des jambes, seule ou associée à d’autres huiles végétales et/ou huiles essentielles.

L’huile végétale de Souchet peut être additionnée des huiles essentielles suivantes :

  • HE Eucalyptus mentholé: antibactérienne, kératolytique et lipolytique, aux notes mentholées, fraiches et épicées
  • HE Romarin à verbénone: lipolytique, kératolytique, régénérante cutanée, anti-infectieuse et cicatrisante, aux notes florales et douces, plutôt chaudes
  • HE Géranium bourbon: anti-infectieuse à large spectre, anti-inflammatoire, astringente et cicatrisante, aux notes fleuries et fines, légèrement teintée d’odeur de rose

MA FORMULE
« Huile de soin douceur pour les jambes et le maillot »

Propriétés : kératolytique, anti-infectieuse cutanée, anti-inflammatoire, cicatrisante, tonifiante, assouplissante et nourrissante

Indications : prévention des poils incarnés, soins post-épilation

HE Eucalyptus mentholé, Eucalyptus dives40 gouttes
HE Romarin à verbénone, Rosmarinus officinalis CT ABV40 gouttes
HE Géranium bourbon, Pelargonium graveolens CV Bourbon80 gouttes
HV Souchet30 ml
HV MacadamiaQSP 100 ml
(complément)

Mode d’utilisation : réaliser le mélange puis l’appliquer en massage doux quotidien des jambes et du maillot. En soin post-épilation, attendre 24 heures pour la première application.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes (sinon appliquer les huiles végétales non additionnées d’huiles essentielles), enfants, sujets épileptiques, sujets avec antécédents de cancer hormonodépendant, mastose ou endométriose.

Comment traiter un poil incarné avec des huiles essentielles et végétales ?

Pour soulager les inconforts liés à un poil incarné, il faut agir sur les états infectieux et inflammatoires qu’il génère. L’utilisation d’une synergie d’huiles essentielles est conseillée et peut même être précédée par l’application d’argile verte, en pâte à l’eau. Les huiles essentielles de Lavande aspic et Clou de girofle et le baume de Copahu seront très efficaces. L’huile végétale de Calophylle, qui sert de vecteur aux huiles essentielles, apporte au mélange ses propres propriétés anti-infectieuses et anti-inflammatoires.

Poils incarnés, huiles essentielles de Lavande aspic et Clou de girofle, Baume de Copahu et huile végétale de Calophylle

  • HE Lavande aspic: d’odeur typique de lavande, mais puissante car camphrée ; anti-infectieuse, anti-inflammatoire, antalgique et cicatrisante. Sa teneur en cétones lui confère aussi des propriétés kératolytiques.
  • HE Clou de girofle: d’odeur épicée forte et caractéristique ; anti-infectieuse puissante, antalgique et anesthésiante
  • Baume de Copahu: résine du copayer, grand arbre des forêts tropicales ; d’odeur balsamique et épicée, aux propriétés anti-infectieuses cutanées, cicatrisantes et très anti-inflammatoires
  • HV Calophylle inophyle: huile végétale verte foncée et d’odeur épicée, au toucher gras appelée aussi huile de Tamanu en Polynésie. Elle possède des propriétés désinfectantes cutanées, anti-inflammatoires, cicatrisantes et régénérantes. Elle est précieuse pour les soins des peaux à problèmes, irritées, abîmées et travaille en synergie avec les huiles essentielles qu’elle véhicule. Remarque : en raison de ses propriétés fluidifiantes sanguines, elle est déconseillée en cas de traitement anticoagulant

MA FORMULE
« Stop poils incarnés »

Propriétés : anti-infectieuse, anti-inflammatoire, kératolytique, cicatrisante et régénérante cutanée

Indications : poils incarnés, boutons enflammés et/ou infectés

HE Lavande aspic, Lavandula spica3 ml
HE Clou de girofle, Eugenia caryophylata1 ml
Baume de Copahu, Copaïfera officinalis2 ml
HV Calophylle inophyle4 ml

Mode d’utilisation : réaliser le mélange dans un flacon de 10 ml en verre teinté. En déposer une goutte sur le poil incarné et faire pénétrer du bout du doigt, 4 à 6 fois par jour pendant 2 à 3 jours.

Contre-indication : femme enceinte et allaitante, enfant<7ans, sujet sous traitement anticoagulant (en raison de l’huile végétale de Calophylle)

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Vous trouverez aussi sur le site AMSOAM, la liste des ateliers d’aromathérapie niveau initié pour vous permettre de bien utiliser les huiles essentielles chez vous, de manière efficace et en toute sécurité. Pour commencer n’oubliez pas de suivre l’atelier découverte et initiation aux huiles essentielles.

Comment différencier les huiles essentielles d’Eucalyptus ?

Huile essentielle eucalyptus

L’odeur d’eucalyptol, nommé aujourd’hui 1,8 cinéole, évoque la saison hivernale et l’impact respiratoire. Les huiles essentielles d’Eucalyptus radié et d’Eucalyptus globuleux en sont bien pourvues et soignent très bien rhumes, bronchites, sinusites … Pourtant, toutes les huiles essentielles d’Eucalyptus n’ont pas la même composition biochimique, ni les mêmes propriétés et indications. Quelles sont les principales espèces d’Eucalyptus ? D’où viennent-elles ? Comment différencier leurs huiles essentielles et les utiliser à bon escient ?

Botanique des Eucalyptus : de l’Australie au bassin méditerranéen

Les Eucalyptus appartiennent à la grande famille des Myrtacées qui comprend plus de 3000 espèces différentes et nous offre des fruits (goyaves, jamboles), des épices (clous de girofle, piment de la Jamaïque), des plantes ornementales (Callistemon), du bois de chauffage (eucalyptus)… et des huiles essentielles.

Originaires d’Australie et de Tasmanie, les Eucalyptus se sont bien acclimatés sur le pourtour méditerranéen et au sud de l’Europe, ainsi qu’à Madagascar, en Amérique et en Asie. Petits arbrisseaux ou arbres géants selon les espèces, ils ont besoin de lumière, aiment les sols siliceux, profond et frais. Ils croissent rapidement et, gourmands en eau, ils assèchent les sols et assainissent les zones marécageuses, limitant ainsi le développement des moustiques et des maladies associées.

Les espèces les plus connues sont l’Eucalyptus citronné, l’Eucalyptus radié (qui aujourd’hui encore pousse en Australie), et l’Eucalyptus globuleux, ou « gommier bleu » ou encore Eucalyptus officinal, introduit en Europe au XIXème siècle pour lutter contre la malaria, mais également comme source de pâte à papier. Les Aborigènes d’Australie utilisaient traditionnellement les feuilles d’Eucalyptus en application sur les plaies pour en accélérer la guérison ou en infusion pour lutter contre la fièvre. Les Anciens les utilisaient aussi en fumigation pour désinfecter les lieux et lutter contre les épidémies.

Pour les espèces produisant des molécules aromatiques, celles-ci se trouvent dans des poches situées dans les feuilles… lorsqu’on les froisse, une odeur caractéristique s’en dégage : par exemple, balsamique, camphrée, cinéolée pour les Eucalyptus radié et globuleux ou citronnée et piquante pour l’Eucalyptus citronné.

Huiles essentielles d’Eucalyptus : biochimie, propriétés et indications

Chaque huile essentielle d’Eucalyptus est caractérisée par sa composition biochimique, qui lui est propre et conditionne ses propriétés médicinales, d’orientation principalement anti-inflammatoire ou anti-infectieuse et expectorante.

Propriétés principalesIndications
HE Eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora - Madagascar - citronellal 50 à 80%
Anti-inflammatoire et antalgique, décontracturant musculaire, calmante et apaisante, antifongique, répulsive antimoustiqueDouleurs articulaires et musculaires, tendinites, rhumatismes, hypertension, mycoses, piqures d’insectes
HE Eucalyptus staigeriana, Eucalyptus staigeriana - Australie, Brésil - limonène, néral, géranial
Anti-inflammatoire, calme les angoisses et les tensionsDouleurs articulaires et musculaires, fatigue nerveuse, déprime, stress
HE Eucalyptus globuleux, Eucalyptus globulus - Portugal, Australie - 1,8 cinéole 65 à 85 %
Anticatarrhale, expectorante, mucolytique, anti-infectieuseInfections des voies respiratoires basses : sphère broncho-pulmonaire, grippe, refroidissement
HE Eucalyptus radié, Eucalyptus radiata - Australie - 1,8 cinéole 60 à 70 %Anticatarrhale, expectorante, antivirale puissante, antibactérienne, antiseptique atmosphériqueInfections des voies respiratoires hautes : sphère ORL, rhumes, grippe, rhinopharyngite, fatigue générale
HE Eucalyptus smithii, Eucalyptus smithii - Kenya - 1,8 cinéole 80 %
Anticatarrhale, expectorante, antitussive, antiseptique atmosphérique, anti-infectieuse, anti-inflammatoireInfections ORL et virales simples
HE Eucalyptus mentholé, Eucalyptus dives - Afrique du Sud - pipéritone 50%
Anticatarrhale, mucolytique, lipolytique, kératolytique, diurétique, décontracturant musculaireInfections ORL : rhumes, sinusites, bronchites, bronchites chroniques…, kératose, adiposités, crampes

Remarque : Existe également l’huile essentielle d’Eucalyptus à cryptone, Eucalyptus polybractea cryptoniferum. Cette huile essentielle présente des propriétés anti-infectieuses puissantes sur certains types de parasites et virus. Mais, étant potentiellement neurotoxique, elle ne doit être utilisée que sur avis d’un médecin ou aromathérapeute averti.

Huiles essentielles d’Eucalyptus : comment les choisir et les utiliser ?

Pour agir sur un axe anti-inflammatoire, on privilégiera l’huile essentielle d’Eucalyptus citronné. Pour soulager l’arbre respiratoire, on choisira parmi les huiles essentielles d’Eucalyptus radié, globuleux ou mentholé, selon que les troubles se manifesteront plutôt sur les voies respiratoires hautes ou basse.

Huiles essentielles d’Eucalyptus citronné et pathologies inflammatoires

  • Douleurs musculaires, articulaires ou tendineuses : diluer 3 à 5 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus citronné dans une cuillère à café d’huile végétale de noyau d’Abricot ou du macérat huileux d’Arnica, puis masser délicatement la zone douloureuse
  • Piqûres d’insectes : mélanger 1 goutte d’huile essentielle d’Eucalyptus citronné avec 1 à 2 gouttes de macérât huileux de Calendula et appliquer sur la piqûre

Voie d’administration préférentielle : voie cutanée, toujours dilué, au minimum à 50%

Contre-indications :  femmes enceintes et allaitantes, enfant < 6 ans – pour les sujets allergiques : réaliser un test au pli du coude

Huile essentielle d’Eucalyptus radié et voies respiratoires hautes

  • Affections virales (rhume, état grippal): diluer 3 à 5 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus radié dans une cuillère à café d’huile végétale de noyau d’Abricot, masser le thorax et le haut du dos, 3 fois par jour
  • Sinusite: diluer 1 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus radié dans 1 gouttes d’huile végétale de noyau d’Abricot, appliquer sur le front et les ailes du nez, 3 fois par jour, en fermant bien les yeux

Voie d’administration préférentielle : cutanée, souvent diluée – inhalation – diffusion atmosphérique

Contre-indications :  femmes enceintes et allaitantes, enfant < 3 ans, sujets asthmatiques ou avec antécédents de convulsions

Huile essentielle d’Eucalyptus globuleux et voies respiratoires basses

  • Bronchite aigüe, toux grasse: diluer 3 à 4 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus globuleux dans une cuillère à café d’huile végétale de noyau d’Abricot, appliquer sur le thorax et le dos, 3 fois par jour

Voie d’administration préférentielle : cutanée, toujours diluée

Contre-indications :  femmes enceintes et allaitantes, enfant < 12 ans, sujets asthmatiques ou avec antécédents de convulsions

Huile essentielle d’Eucalyptus mentholé et affections ORL

  • Bronchite chronique, toux grasse : diluer 2 à 4 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus mentholé dans une cuillère à café d’huile végétale de noyau d’Abricot, appliquer sur le thorax et le dos, 3 fois par jour
  • Sinusite: diluer 1 goutte d’huile essentielle d’Eucalyptus radié dans 2 gouttes d’huile végétale de noyau d’Abricot, appliquer sur le front et les ailes du nez, 3 fois par jour, en fermant bien les yeux

Voie d’administration préférentielle : cutanée, toujours diluée – très souvent en synergie avec d’autres huiles essentielles

Contre-indications (huile essentielle neurotoxique) :  femmes enceintes et allaitantes, enfant < 12 ans, sujets épileptiques ou avec antécédents de convulsions, sujets âgés polymédicamentés

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Voici la liste des ateliers d’aromathérapie niveau initié pour vous permettre de bien utiliser les huiles essentielles chez vous, de manière efficace et en toute sécurité. Vous pourrez trouver plusieurs ateliers pour compléter les informations de cet article. Pour commencer n’oubliez pas de suivre l’atelier découverte et initiation aux huiles essentielles.

Zoom sur les huiles essentielles d’Eucalyptus en diffusion

Si les huiles essentielles d’Eucalyptus sont indispensables pour certains soins physiques, certaines d’entre elles ont une action fine et soutenue au niveau olfactif. En diffusion, elles s’utiliseront en mélange avec d’autres huiles essentielles aux actions complémentaires.

L’huile essentielle d’Eucalyptus staigeraina, nous offre des notes citronnées, fruitées et pétillantes, moins piquantes que celle de l’Eucalyptus citronnée. Rééquilibrante nerveuse et antispasmodique, elle apaise les tensions et assouplit autant l’esprit que le corps. Elle calme les angoisses et apporte de la lumière. On pourra l’associer aux huiles essentielles de Lavande fine, Mandarine verte, Citron vert ou Ylang-ylang.

L’huile essentielle d’Eucalyptus radié, d’odeur fraiche et cinéolée, tonifie le mental comme le physique et apporte de l’énergie. Elle facilité la concentration et la mémorisation, et aide à positiver. En diffusion, elle pourra être associée aux huile essentielles de Ravintsara, Saro, Pamplemousse, Citron jaune, Sapin de Sibérie ou Pin de Patagonie.

Comment soulager l’hypertension artérielle avec les huiles essentielles ?

Hypertension arterielle huile essentielle

L’hypertension artérielle, très fréquente dans la population, est parfois sournoise. Son retentissement sur le cœur et les vaisseaux n’est pourtant pas sans risque. Alors, comment faire baisser la pression quand celle-ci devient trop forte ?  En aromathérapie, l’huile essentielle d’Ylang-ylang est une huile majeure dans l’accompagnement de l’hypertension artérielle, seule ou en synergie avec d’autres huiles essentielles qui potentialisent son action. Elle calme, dénoue, relaxe et participe à la régulation de la tension artérielle pour retrouver une détente profonde et prendre soin de son système cardio-vasculaire.

Hypertension artérielle et système cardiovasculaire

Le système cardiovasculaire est constitué du cœur, de tous les vaisseaux sanguins (artères, veines et petits capillaires) et du sang qui y circule. Il draine les tissus de leurs métabolites et leur apporte éléments nutritifs et oxygène. Le cœur est un muscle, appelé myocarde, entouré d’une enveloppe, le péricarde. Sa partie droite emmène vers les poumons le sang chargé en dioxyde de carbone, là où il pourra être nettoyé et réoxygéné. Sa partie gauche a en charge la propulsion du sang riche en oxygène dans l’ensemble de l’organisme. Le cœur a son propre système d’irrigation, constitué des artères coronaires. Comme tous les muscles, il a besoin d’être nourri et oxygéné. Un système électrique autonome, dont on mesure l’activité par un électrocardiogramme, permet à ses cellules de fonctionner de manière coordonnée. Enfin, il est sous l’influence permanente du système neurovégétatif, qui selon les besoins réglera le bon rythme cardiaque.

Qu’est-ce que la tension artérielle ?

La tension artérielle est la pression exercée par le sang sur la paroi des artères : elle dépend de la force de propulsion du sang par le cœur et de la résistance des parois des artères. Comme toute pression, elle se mesure en millimètres de mercure (mm Hg). Le chiffre le plus haut correspond à la pression lorsque le cœur se contracte pour expulser le sang : phénomène de systole (PAS : Pression Artérielle Systolique). Le chiffre le plus bas indique la pression lorsque le cœur se relâche : phénomène de diastole (PAD : Pression Artérielle Diastolique). C’est une valeur variable : plus élevée en journée, en cas d’exercice physique ou de stress ; plus faible la nuit et au repos. Chacun vit avec une tension qui lui est propre, qu’elle soit plutôt basse ou plutôt élevée.

HTA ou hypertension artérielle : chiffres, causes et conséquences

On parle d’hypertension artérielle (HTA) lorsque, à plusieurs reprises, la pression systolique est supérieure à 140 mm Hg et la pression diastolique supérieure à 90 mm Hg, soit en langage courant lorsqu’elle est de 14-9. Une tension artérielle optimale est de 12-8. Les deux chiffres sont importants à prendre en compte dans l’évaluation d’une éventuelle hypertension.

L’hypertension artérielle est dite « essentielle » dans la très grande majorité des cas, car on ne peut expliquer sa cause par une maladie précise et bien identifiée. Elle est parfois liée à la prise de certains médicaments (contraceptifs oraux, corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens, antidépresseurs…). Hérédité, athérosclérose, diabète, hypercholestérolémie, surpoids, alcool, tabac, alimentation déséquilibrée, stress intense, apnée du sommeil… sont aussi des facteurs de risques. Très souvent, l’hypertension est « silencieuse ».

Signes évocateurs de l’HTA : maux de têtes, vertiges, bourdonnements d’oreilles, palpitations, « mouches volantes » dans les yeux…

Conséquences possibles d’une HTA non traitée : accidents vasculaires cérébraux, accidents ischémiques transitoires, insuffisance rénale ou cardiaque.

Prise en charge de l’hypertension artérielle

Elle est très souvent médicamenteuse et doit toujours être globale avec :

  • Un régime alimentaire adéquat
  • Des drainages réguliers
  • De l’exercice physique
  • De la détente psychique et mentale…

Les huiles essentielles peuvent participer à la normalisation de la tension artérielle, en agissant directement sur le système cardiovasculaire ou en agissant en amont sur le fonctionnement du système nerveux et la gestion du stress, ou encore en soutenant le foie et les reins dans leur travail d’élimination. Elles ne dispensent pas d’une consultation et d’un traitement médical si nécessaire, même si elles apportent un soutien efficace et précieux.

Quelles huiles essentielles choisir en cas d’hypertension artérielle liée au stress et à l’anxiété ?

L’huile essentielle d’Ylang-ylang est incontournable dans l’accompagnement de l’hypertension artérielle. Associée, par voie cutanée, aux huiles essentielles de Marjolaine à coquilles, Lavande fine et Verveine citronnée, elle permet une régularisation du rythme cardiaque. Cette synergie agit en profondeur sur le système nerveux, qu’il soit marqué par un épuisement extrême ou une surexcitation ; elle permet une détente profonde, un relâchement des tensions intérieures, une revitalisation en douceur du système nerveux et favorisera une normalisation de la tension artérielle. Par voie orale, selon l’état émotionnel, on pourra envisager en complément un recours à l’huile essentielle de Camomille romaine ou l’huile essentielle de Petit grain bigarade.

  • HE Marjolaine à coquilles ou Marjolaine des jardins, aux notes florales, chaudes, légèrement épicées, elle est rééquilibrante nerveuse, hypotensive, tonifiante et calmante.
  • HE Lavande fine : florale et délicate, elle réduit l’hyperémotivité et l’anxiété, elle est antispasmodique et hypotensive, calmante et relaxante.
  • HE Verveine citronnée ou Verveine odorante : d’odeur fraiche et citronnée, calmante, apaisante, sédative, elle apporte lumière et optimisme, elle stabilise – à ne pas confondre avec la Litsée citronnée ou Verveine exotique.

Hypertension artérielle et huile essentielle d’Ylang-ylang

L’ylangier ou canang odorant, Cananga odorata, est un grand arbre des zones chaudes et humides de Madagascar. Sa grande fleur jaune, « fleur des fleurs », donne une huile essentielle au parfum sucré, suave, chaud et entêtant, parfois perçu comme écœurant. On y trouve des notes de jasmin, légèrement épicées. Cette huile essentielle fait voyager, rêver.

Sa distillation est longue et permet d’obtenir 5 fractions successives. Les deux premières fractions (S Extra et Extra), extrêmement fines, sont réservées à la parfumerie. Les trois fractions suivantes (I, II et III) sont utilisées dans l’industrie cosmétique.

L’ensemble de ces fractions réunies donne le « TOTUM » : l’huile essentielle d’Ylang-ylang complète, utilisée en aromathérapie. Très riche en sesquiterpènes, molécules aux propriétés hypotensives, elle dénoue le diaphragme, libère le plexus cardio-respiratoire, régule et apaise le rythme cardiaque. Son olfaction aide au lâcher-prise, calme, relaxe, réconforte et participe au travail sur des traumatismes en lien avec l’image de soi, la sensualité, le comportement sexuel ou la féminité.

Comment soulager l’hypertension avec les huiles essentielles ?

Un massage des plexus cardiaque et solaire, avec une belle synergie d’huiles essentielles aux propriétés hypotensive et régulatrice nerveuse, est à faire en priorité. Il est possible aussi de masser la paume de la main et la face interne des poignets et d’associer ce temps de massage à de grandes inspirations profondes des effluves dégagées.

MA FORMULE  “Détente et calme profond”

Propriétés : hypotensive, régulatrice nerveuse, antispasmodique, calmante, relaxante, sédative

Indications : hypertension liée au stress, palpitations, arythmie, tachycardie, troubles du rythme cardiaque – hyperémotivité, anxiété, déprime passagère, troubles du sommeil.

HE Ylang-ylang, Cananga odorata1,5 ml
HE Marjolaine à coquilles, Origanum majorana3 ml
HE Lavande fine, Lavandula angustifolia3 ml
HE Verveine citronnée, Lippia citriodora1,5 ml
HV noyau d’AbricotQSP 30 ml
(Complément)

Mode d’emploi : Réaliser le mélange dans un flacon compte-goutte en verre teinté de 30 ml. En appliquer 6 à 10 gouttes matin et soir, en massage, sur les plexus cardiaque et solaire et sur la face interne des poignets. Respirer profondément. A suivre 3 semaines sur 4 tant que le besoin s’en fait sentir.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants, sujets allergiques (faire au préalable un test au pli du coude).

Précautions d’emploi : risque de photosensibilisation avec l’huile essentielle de Verveine citronnée (pas d’exposition au soleil dans les 6 heures suivants l’application).

HTA et huiles essentielles par voie orale : la Camomille romaine ou le Petit grain bigarade

La synergie « Détente et calme profond » peut être complétée en utilisant, par voie orale, de l’huile essentielle de Camomille romaine ou de Petit grain bigarade.

  • HE Camomille romaine ou Camomille noble : calmante puissante du système nerveux central, antispasmodique, elle soulage l’instabilité émotionnelle, l’hypersensibilité et aide au lâcher-prise. Son odeur miellée, herbacée et chaude, ne plait pas toujours, mais elle est très efficace pour dénouer le plexus cardiaque. Elle détend et calme l’impatience – ne pas la confondre avec la Camomille allemande ou Matricaire
  • HE Petit grain bigarade : aux notes florales, poudrées, proche de celles de la fleur d’oranger, antispasmodique puissante, régulatrice nerveuse, elle facilite l’endormissement. Elle amortit les chocs émotionnels et aide à retrouver ses repères.

Geste simple : selon le ressenti, choisir l’huile essentielle de Camomille romaine, Chamemelum nobile ou de Petit grain bigarade, Citrus aurantium, var amara. Prendre un comprimé neutre, y déposer une à deux goutte(s) d’huile(s) essentielle(s), puis le glisser en boucher et laisser fondre. Idéalement, à faire le soir au coucher, afin de faire retomber la pression et le stress de la journée. 5 jours sur 7 si besoin.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Voici la liste des ateliers d’aromathérapie niveau initié pour vous permettre de bien utiliser les huiles essentielles chez vous, de manière efficace et en toute sécurité. Vous pourrez trouver deux ateliers qui peuvent vous aider à faire descendre la tension artérielle, celui qui concerne la gestion du stress et des troubles nerveux, et celui sur la santé cardio-vasculaire. Pour commencer n’oubliez pas de suivre l’atelier découverte et initiation aux huiles essentielles.

Toux sèche ou toux grasse ? Comment se soulager avec les huiles essentielles ?

Toux et huiles essentielles

La toux, réflexe naturel de l’organisme pour expulser un corps étranger ou un microbe, peut être sèche, aigüe ou grasse, chargée en mucosités et au son plus grave. Quelles en sont les causes ? Comment les différencier et les accompagner ? Des huiles essentielles, aux propriétés mucolytiques, expectorantes et décongestionnantes permettent de soigner et de soulager la toux, qu’elle soit sèche ou bien grasse : l’arbre respiratoire est alors assaini, apaisé et libéré de ce qui l’irrite ou l’encombre.

Toux sèches, toux grasses : manifestations et causes

La toux est une réaction physiologique de l’organisme pour assurer une bonne perméabilité des voies respiratoires : c’est un acte réflexe, ou volontaire, d’expulsion de mucosités ou particules étrangères. Vouloir la stopper absolument n’est pas justifié, car elle est indispensable au bon fonctionnement de l’arbre respiratoire. Il faut chercher à l’accompagner pour la maîtriser et diminuer l’état inflammatoire qu’elle entraine au niveau des muqueuses respiratoires. Elle signe par ailleurs toujours un état pathologique, dont il faut trouver l’origine, pour pouvoir y remédier, quel que soit son caractère de gravité.

Les différents types de toux

D’apparition brutale ou progressive, assortie, ou non, de douleurs thoraciques, de spasmes, d’expectorations, la toux nécessite toujours une exploration attentive de ses symptômes et de ses conditions d’apparition. Avec ou sans fièvre, les toux aigües sont toujours d’apparition récente, en général liées à des infections ORL ; les toux persistantes, plus anciennes, témoignent plutôt de bronchopathies chroniques (asthme, toux non traitées…).

On distinguera les cas suivants :

  • Toux aigüe, sèche ou irritative: quinteuse, sans aucune production de mucosités, fatigante, accentuant l’irritation des voies aériennes. Ses causes fréquentes : rhume, bronchite aigüe, coqueluche, laryngite, pharyngite, asthme. Elle est la plupart du temps d’origine virale.
  • Toux sèche chronique: toux du fumeur, cancer bronchique, effets secondaires de certains médicaments, toux nerveuse liée au stress et aux émotions
  • Toux aigüe, grasse, productive: présence de mucosités, apparaissant de manière réactionnelle à la suite d’irritations des voies aériennes, d’états inflammatoires et/ou allergiques. Elle fait parfois suite à une période de toux sèche, et peut signer une surinfection bactérienne d’une infection virale. Elle doit être respectée et même encouragée, mais elle doit être maîtrisée.
  • Toux grasse chronique : toux qui dure depuis 3 ou 4 semaines, avec une dilatation des bronches qui provoque une toux intense et productive dès le réveil. Ses causes fréquentes : infections bronchiques ou pulmonaires à répétition, obstruction bronchique (tumeurs), immunodépression, facteurs héréditaires, maladie génétique (mucoviscidose)

Les toux avec des troubles de la déglutition, crachats suspects, douleurs thoraciques intenses, mauvais état général sont des urgences médicales.

A la lumière de toutes ces informations, il sera possible de déterminer ensuite comment traiter au mieux la toux.

Huiles essentielles et gestes simples pour soulager la toux sèche

La toux étant un réflexe de défense naturelle de l’organisme, la bloquer n’est pas le bon choix thérapeutique. En cas de toux sèche, il faut réhydrater les muqueuses, calmer l’irritation et réduire l’inflammation des voies respiratoires. L’évolution de la toux doit être suivie de près, car elle nécessite des ajustements en temps régulier, au gré de son mûrissement.

Faire une inhalation de vapeur d’eau (par exemple, avec une tisane de camomille romaine ou de lavande fine), pendant une dizaine de minutes deux fois par jour, est le premier geste à mettre en œuvre pour soulager et apaiser les voies aériennes déshydratées et en feu, avant même toute utilisation d’huile essentielle (ne pas sortir dans les 30 mn suivant l’inhalation).

Calmer la toux sèche d’irritation avec l’huile essentielle de Menthe poivrée

L’huile essentielle de Menthe poivrée, grâce à sa teneur élevée en menthol, présente des propriétés antalgiques, anesthésiantes, antispasmodiques et antiprurigineuses. Elle est aussi décongestionnante respiratoire. Son effet rafraîchissant et antidouleur calme les gorges en feu. Dans l’urgence, elle peut être utilisée en geste simple.

Le geste simple : mélanger 1 goutte d’huile essentielle de Menthe poivrée dans une petite cuillère de miel, puis laisser fondre en bouche. A renouveler 30 mn plus tard si nécessaire.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants – sujets épileptiques, asthmatiques, âgés polymédicamentés, hypertendus – insuffisance hépatobiliaire

Associée aux huiles essentielles de Cyprès toujours vert, Myrte rouge et Thym à linalol, elle participe aux traitements des toux sèches et quinteuses et des trachéites.

  • HE Cyprès toujours vert (ou Cyprès de Provence) : d’odeur boisée, riche en monoterpènes, elle a une action décongestionnante, antitussive, antispasmodique, mucolytique et immunostimulante.
  • HE Myrte rouge: expectorante, fluidifiante, relaxante bronchique en raison de sa teneur élevée en acétate de myrtényle, elle calme les toux sèches irritatives ou spasmodiques.
  • HE Thym à linalol: anti-infectieuse douce, immunostimulante, elle participe aux soins des gorges irritées et de la toux.

MA FORMULE
« Toux sèche »

Propriétés : antitussive, antispasmodique, anti-inflammatoire, anti-infectieuse, décongestionnante

Indications : toux sèche, toux quinteuse, trachéite

HE Cyprès, Cupressus sempervirens4 ml
HE Myrte rouge, Myrtus communis CT acétate de myrtényle3,5 ml
HE Thym à linalol, Thymus vulgaris CT linalol1,5 ml
HE Menthe poivrée, Mentha X piperita1 ml

Mode d’utilisation : réaliser le mélange dans un flacon de 10 ml avec codigoutte

Voie perlinguale : mélanger 1 goutte de la synergie à une petite cuillère de miel, laisser fondre en bouche, 6 fois le premier jour puis diminuer progressivement à 3 fois par jour, maximum 7 jours.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants, antécédent de cancers hormonodépendants, endométriose, mastose, sujets épileptiques, sujets asthmatiques, sujets âgés polymédicamentés, sujets hypertendus

Conseils complémentaires : Consommer des tisanes à base de plantes mucilagineuses comme la Mauve et la Guimauve pour s’hydrater et calmer l’irritation des muqueuses – Ne pas surchauffer les pièces.

Huiles essentielles pour accompagner la toux grasse

En cas de toux grasse, maintenir l’expectoration est nécessaire, en facilitant la fluidification des mucosités. Tout comme pour les toux sèches, les inhalations humides constituent aussi un geste simple à mettre en œuvre en première intention pour aider à décoller ces mucosités visqueuses. Cette « toilette bronchique » est à faire deux fois par jour.

Calmer la toux grasse avec l’huile essentielle d’Eucalyptus globuleux

En aromathérapie, l’huile essentielle d’Eucalyptus globuleux, associée à celles de Lavande aspic, d’Eucalyptus citronné et de Sapin de Sibérie, accompagne ce processus d’expectoration.

  • HE Eucalyptus globuleux: huile essentielle à l’odeur caractéristique d’eucalyptol (1,8 cinéole), antivirale et antiseptique respiratoire. Elle agit sur les affections des voies respiratoires basses en stimulant la production de mucus et en fluidifiant les sécrétions.
  • HE Lavande aspic: avec ses notes florales, typiques de la lavande, assorties d’une note camphrée plus puissante, elle est mucolytique, expectorante, anti-infectieuse et anti-inflammatoire.
  • HE Eucalyptus citronné: répulsive antimoustique en raison de son odeur citronnée, elle est anti-inflammatoire et antalgique. Traditionnellement utilisée dans les pathologies articulaires ou musculaires, elle est aussi très efficace pour désenflammer l’arbre respiratoire et calmer les douleurs en cas de toux grasse.
  • HE Sapin de Sibérie: d’odeur boisée, résineuse, c’est une huile essentielle antiseptique aérienne et respiratoire, antispasmodique puissante et décongestionnante des bronches. Elle participe au traitement des toux grasses.

A lire cet article, si vous avez du mal à vous y retrouver avec toutes les huiles essentielles d’eucalyptus.

MA FORMULE
« Toux grasse »

Propriétés : fluidifiante, mucolytique, expectorante, anti-inflammatoire, décongestionnante, anti-infectieuse, antispasmodique, calmante

Indications : toux grasse, laryngite, rhino-pharyngite, affections des voies respiratoires basses, bronchites

HE Eucalyptus globuleux, Eucalyptus globulus2 ml
HE Lavande aspic, Lavandula spica2 ml
HE Eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora1 ml
HE Sapin de Sibérie, Abies sibirica1 ml
HV noyau d’AbricotQSP 30 ml
(Complément)

Mode d’utilisation : réaliser le mélange dans un flacon compte-goutte en verre teinté de 30 ml, puis en appliquer quelques gouttes sur le thorax, le haut du dos et la voute plantaire, 3 à 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours selon les besoins

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants, sujets épileptiques, sujets asthmatiques

Conseils complémentaires : Humidifier l’atmosphère, drainer l’organisme avec des tisanes détoxifiantes pour faciliter l’élimination du mucus, supprimer /réduire notablement les laitages, le gluten, les plats gras et industriels qui augmentent la production de mucus en quantité anormale.

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Et si vous avez envie de réaliser vos propres synergies, les ateliers AMSOAM sont fait pour ça. Vous pouvez commencer par suivre l’atelier huiles essentielles DEBUTANT, qui vous initie à tous les bases de l’aromathérapie. Puis continuer avec les ateliers INITIES dans l’ordre que vous souhaitez. Vous pourrez acquérir toutes les connaissances nécessaires pour prendre soin de votre santé au naturel.

Soigner une tendinite avec les huiles essentielles

huiles essentielles tendinite

Cheville douloureuse au niveau du tendon d’Achille, articulation du coude enflammée et difficile à mouvoir à la suite d’une pratique sportive intense… cela pourrait signer une tendinite, c’est-à-dire une  inflammation des tendons. Les tendinites sont fréquentes et nécessitent une prise en charge rapide et efficace : éviter qu’elles ne s’aggravent est indispensable. Les huiles essentielles, associés à de l’huile végétale de Calophylle ou des macérats huileux d’Arnica ou de Millepertuis, permettent de réduire l’inflammation des tissus, de soulager la douleur et de retrouver une mobilité normale.

Tendinites ou tendinopathies : contexte d’apparition, symptômes, diagnostic

Le tendon est une zone d’attache, située à l’extrémité du muscle et qui permet son insertion sur l’os. Il est constitué de fibres de collagène et assure la transmission du mouvement entre le muscle et l’os. Selon sa localisation, il est parfois entouré d’une gaine, qui produit du liquide synovial pour lubrifier l’articulation.

Lorsqu’un tendon est sollicité de manière prolongée, excessive ou inhabituelle (pratique sportive intense, sollicitation professionnelle répétée…), cela produit des micro-ruptures, éventuellement associées à un épanchement de synovie (écoulement de liquide synovial en dehors de son espace habituel). Un œdème peut être observé, associé à une inflammation des tissus. L’état du tendon se dégrade, la zone concernée devient douloureuse au toucher et à la mobilisation. On parle alors de tendinite ou tendinopathie.

Le diagnostic est confirmé par radiologie, voire échographie s’il y a une suspicion de microcalcification : en effet, les microdéchirures provoquent des écoulements de sang, qui peuvent entrainer des dépôts de calcium et entraver encore plus la mobilité. Il est important de bien prendre en charge cette pathologie pour éviter qu’elle ne devienne chronique et invalidante. La complication d’une tendinite, certes rare mais possible, est une rupture du tendon.

Certaines tendinopathies sont parfois associées à des pathologies rhumatismales. Il se peut aussi qu’elles apparaissent sans sollicitation anormale de l’articulation ou sur plusieurs articulations en même temps de manière inexpliquée : on peut envisager alors une accumulation de toxines en raison d’une hydratation insuffisante de l’organisme ou une origine psycho-émotionnelle, indiquant symboliquement que le mouvement est douloureux.

Tendinites, tendinopathies : prise en charge au quotidien

La prise en charge médicale classique comprend généralement :

  • la mise au repos de l’articulation concernée
  • l’application de poches glacées
  • l’administration d’anti-inflammatoires par voie orale
  • l’injection locale de corticoïdes (infiltrations)
  • l’utilisation d’une orthèse (genouillère, chevillère…)
  • des séances de kinésithérapie
  • en derniers recours, une intervention chirurgicale

Les huiles essentielles ont également toute leur place dans l’accompagnement des tendinopathies, de manière curative ou en prévention de la récidive, seules ou en complément des traitements allopathiques lorsqu’ils sont nécessaires. L’aromathérapie permet de participer au traitement de la douleur, de l’inflammation, de l’œdème. Elle apporte un vrai réconfort physique et psychologique.

Pour éviter une récidive, la prévention et le changement de certaines habitudes de vie sont également préconisés :

  • Adapter l’activité sportive ou le poste de travail, modifier gestes et /ou postures
  • Pratiquer des échauffements et étirements corrects avant la mobilisation de l’articulation
  • Utiliser du matériel de qualité, notamment pour se chausser
  • Boire suffisamment pour faciliter l’élimination des toxines
  • Drainer régulièrement l’organisme avec des huiles essentielles (Livèche, Céleri, Citron jaune…) ou des hydrolats (Genévrier, Romarin à verbénone, Carotte, Lédon de Groenland…)
  • Avoir une alimentation équilibrée et « anti-inflammatoire » : supprimer/réduire les plats gras et industriels, les sucres et produits raffinés, les laitages, le gluten, et avoir des apports protéiques de qualité, des apport suffisants en vitamines, sels minéraux et oligoéléments, en omégas 3…

Soulager une tendinite avec des huiles essentielles

En aromathérapie, les huiles essentielles à privilégier pour accompagner les tendinopathies sont les huiles essentielles de Gaulthérie couchée, Gaultheria procumbens et/ou d’Eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora ou Corymbia citriodora.

Tendinites : huiles essentielles de Gautherie couchée et Eucalyptus citronné

La gaulthérie couchée : petit arbrisseau de la même famille que le myrtillier ou la bruyère, ses feuilles donnent une huile essentielle riche en salicylate de méthyle, forme d’aspirine naturelle aux propriétés antalgiques, anti-inflammatoires et antispasmodiques. Elle permet notamment de préparer à l’effort puis de récupérer. D’odeur très caractéristique, chaude et suave, elle apporte au niveau émotionnel une sensation de réparation, calme et confiance en soi, assortis d’une belle puissance.

Précautions d’emploi : contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante, chez l’enfant < 12 ans, en cas d’allergie à l’aspirine, de troubles de la coagulation et de traitement anticoagulant. S’utilise uniquement par voie cutanée, diluée dans une huile végétale.

L’eucalyptus citronné : son huile essentielle, riche en aldéhydes terpéniques, ne présente pas de propriétés anti-infectieuses comme celles des Eucalyptus radié et globuleux, mais elle est une puissante antalgique et anti-inflammatoire. Elle est à diluer dans une huile végétale pour un usage par voie cutanée. Au-delà de ses propriétés physiques, son odeur, citronnée et piquante, détend nerveusement et aide à relativiser.

Précautions d’emploi : contre-indiquée chez la femme enceinte et allaitante, chez l’enfant < 6 ans

Geste simple, d’urgence :

Mélanger 2 à 3 gouttes d’huile essentielle de Gaulthérie couchée ou d’Eucalyptus citronnée à quelques gouttes de macérât huileux d’Arnica. Appliquer le mélange sur la zone tendineuse 3 à 4 fois par jour.

L’huile essentielle de Gaulthérie couchée étant « chauffante », lui préférer l’huile essentielle d’Eucalyptus citronné si l’articulation est rouge, chaude et enflammée.

Soulager une tendinite avec une synergie d’huiles essentielles anti-inflammatoires et antalgiques, antispasmodiques et antioedémateuses

Aux huiles essentielles de Gaulthérie couchée et Eucalyptus citronné, on peut associer les huiles essentielles suivantes :

  • HE Hélichryse italienne ou Immortelle : antihématome, anti-inflammatoire, cicatrisante
  • HE Katrafay: anti-inflammatoire, antalgique, décongestionnante, antiprurigineuse
  • HE Lavandin super: antispasmodique, décontracturante musculaire, anti-inflammatoire
  • HE Menthe poivrée: antalgique, anesthésiante, antispasmodique

MA FORMULE
« Tendons soulagés »

Propriétés : anti-inflammatoire, antalgique, antispasmodique, antioedémateuse, désinfiltrante, cicatrisante

Indications : tendinite simple, tendinopathie, prévention de la récidive, tennis-elbow, golf-elbow, douleur du tendon d’Achille

HE Gaulthérie couchée, Gaultheria procumbens1 ml
HE Eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora3 ml
HE Helichryse italienne, Helichrysum italicum2 ml
HE Katrafay, Cedrelopsis grevei3 ml
HE Lavandin super, Lavandula hybryda clone super1 ml
HE Menthe poivrée, Mentha piperita15 gouttes
HV Calophylle inophyle ou MH ArnicaQSP 50 ml
(Complément)

Mode d’utilisation : réaliser le mélange dans un flacon en verre teinté de 50 ml. L’appliquer localement 3 à 5 fois par jour, à raison de 10 à 20 gouttes selon les besoins, pendant une semaine ou si besoin 5 jours sur 7 jusqu’à amélioration sensible.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfant <12 ans, sujets allergiques à l’aspirine ou sous traitement anticoagulant, sujets hypertendus, épileptiques ou asthmatiques

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Si vous souffrez de douleurs chroniques qui vous épuisent, cet article sur les  douleurs chroniques et huiles essentielles va surement très bien compléter celui là.

Enfants, bébés : soin des rougeurs, gerçures, dartres avec les huiles essentielles

Huiles essentielles bébé peau sensible

La peau des bébés et des jeunes enfants est fine et fragile. Sensible au froid, à l’humidité et aux frottements, elle est particulièrement réactive en hiver. Macérât huileux de Calendula, huiles essentielles de Lavande fine et Camomille romaine et hydrolats, sont une alternative aux produits comportant des perturbateurs endocriniens : ils permettront des soins naturels doux, bien adaptés pour soigner dartres, gerçures, et apaiser rougeurs et irritations.

La peau du bébé et de l’enfant : ses spécificités

La peau est un organe à part entière : elle constitue une barrière entre le monde intérieur et extérieur et a un rôle de protection, respiration et élimination. Au cours de la grossesse, une couche grasse appelée « vernix caseosa » se développe à la surface de la peau du bébé pour le protéger du liquide amniotique. Elle s’élimine dans les 72 heures qui suivent la naissance. Puis, la peau va évoluer pour mettre en place des fonctions dont l’enfant n’avait pas besoin in utero : la régulation face au froid ou à la chaleur, l’exposition à la lumière, le contact avec les micro-organismes…

Avant 3 ans, la peau d’un enfant est immature, notamment ses glandes sébacées. Plus fine et plus hydratée, moins riche en sébum, elle est plus perméable que celle de l’adulte : les molécules contenues dans les produits cosmétiques ou dermatologiques sont plus rapidement et plus intensément absorbées par la peau d’un enfant que par celle d’un adulte. Les organes de détoxification (foie et rein) sont également immatures, ce qui peut ralentir l’élimination de certains produits et augmenter leur toxicité potentielle dans l’organisme. Ces fragilités intrinsèques imposent quelques exigences. On cherchera à respecter, nourrir et protéger en utilisant des produits dépourvus de molécules de synthèse perturbatrices endocriniennes et immunitaires, dont la toxicité est difficile à évaluer et maitriser. Hydrolats, huiles végétales et huiles essentielles, bien choisis et bien dosés, permettront une action locale cutanée bénéfique et respectueuse.

Soin quotidien des peaux sensibles : macérât huileux de Calendula

L’application d’huile végétale sur la peau des bébés est essentielle, surtout en hiver, pour la protéger des frimas qui peuvent être particulièrement agressifs. Les huiles végétales limitent la déshydratation et préviennent du dessèchement cutané : leurs molécules lipidiques nourrissent la peau en lui apportant des acides gras nécessaires au renouvellement cellulaire et à la cohésion entre les cellules.

Soins et massage douceur des bébés avec le macérât huileux de Calendula 

Le macérât huileux de Calendula est l’huile phare des bébés. Il est obtenu par macération solaire de fleurs de Souci des jardins, Calendula officinalis. Ce concentré de soleil, au reflet jaune orangé, est particulièrement anti-inflammatoire, anti-allergique et antiprurigineux. Il apaise et protège la peau, dans le respect de ces exigences. Il est utilisé en cas de rougeurs, d’irritations ou de tiraillement. Très doux, sans odeur caractéristique, il peut être utilisé quotidiennement pour les soins des bébés et jeunes enfants.

Quand l’appliquer ?               En cas de :

  • Dartres, peau sèche, atopique
  • Gerçures, rougeurs et irritations
  • Piqûre, brûlure
  • Allergie cutanée, urticaire
  • Soin quotidien après la toilette
  • Massage douceur

Comment l’appliquer ?

Procéder à la toilette du bébé avec un nettoyant adapté, très doux sans savon, idéalement certifié bio. Puis, chauffer dans la main une petite quantité de macérât huileux de Calendula et l’appliquer sur la peau encore légèrement humide, particulièrement sur les zones sèches, rouges et/ou irritées (joues, mains, fesses…). Après la toilette ou avant le coucher, un massage de tout le corps est aussi possible : masser successivement, du plat de la main, avec une grande douceur, dos, ventre, bras, pieds et jambes.

Quelles huiles essentielles pour traiter dartres, gerçures et rougeurs ?

Les dartres sont des petites plaques de peau, sèches et rugueuses, qui démangent et desquament. Elles sont ovales ou rondes, parfois mal délimitées. Fréquentes sur les joues des enfants, autour de la bouche ou sur les bras, elles sont souvent dues à des irritations locales (froid sec de l’hiver, soins cutanés quotidiens avec des produits trop agressifs) ou des infections ORL ou dentaires. Un diagnostic médical doit être posé, pour éliminer une éventuelle infection cutanée par un germe. Les traiter est indispensable, pour éviter qu’elles ne laissent des traces blanches disgracieuses. Les gerçures sont plus spécifiquement situées au niveau des lèvres et des mains et sont liées au froid et à l’humidité ou au frottement de la peau contre un vêtement.

Apaiser et réparer avec les huiles essentielles de Lavande fine et Camomille romaine

Prendre soin de la peau en cas de dartres, gerçures…, ou prévenir ces désagréments est indispensable. Les huiles essentielles de Lavande fine et de Camomille romaine peuvent, à cet effet, être additionnées à une base grasse : l’huile essentielle de Lavande fine est anti-inflammatoire et antiseptique ; l’huile essentielle de Camomille romaine est anti-inflammatoire et antiprurigineuse. Elles vont calmer les rougeurs et démangeaisons, éviter une surinfection et participer à la réparation du tissu cutané.

MA FORMULE
Peau de bébé en hiver

Propriétés : apaisante, hydratante, nourrissante et protectrice

Indications : soins des peaux sèches et sensibles, dartres, gerçures des mains, rougeurs, irritations

HE Lavande fine, Lavandula angustifolia0,25 g
HE Camomille noble, Chamaemelum nobile0,25 g
Crème protectrice Visage au Calendula - Gamme Weleda Bébés et enfantsQSP 50 g
(Complément)

Mode d’emploi : à l’aide du matériel approprié (balance, bol en inox et spatule), en respectant les conditions d’hygiène requises, peser puis mélanger les ingrédients de manière bien homogène. Conditionner le mélange dans un pot de 50 g. L’appliquer 3 fois par jour sur les zones irritées. Conservation trois mois après réalisation.

Si la préparation avec la Crème protectrice Visage au Calendula n’est pas possible, on peut réaliser le mélange suivant :

HE Lavande fine, Lavandula angustifolia5 gouttes
HE Camomille noble, Chamaemelum nobile5 gouttes
MH CalendulaQSP 30 ml
(Complément)

Les conditions d’utilisation restent identiques à celles de la préparation précédente.

Un baume aromatique olfactif et réconfortant émotionnel

L’impact olfactif des huiles essentielles n’est plus à démontrer : respirer de la Lavande fine et de la Camomille romaine, lors de l’application d’une crème ou d’une huile végétale en contenant, aura aussi un effet bénéfique au niveau psycho-émotionnel et apportera bien-être et douceur.

La Camomille romaine, aux notes miellées et suaves, calme la nervosité et l’impatience, élimine les crispations. Fluidifiante émotionnelle, elle agit sur l’hypersensibilité et dénoue les peurs.

La Lavande fine, avec ses notes florales, fines et douces, « lave » : elle calme l’anxiété et la nervosité. Elle réconforte, apaise et sécurise, apporte un sentiment de paix et de quiétude.

Pour aller plus loin en ce qui concerne le confort émotionnel de l’enfant, lire l’article « Stress, cauchemar, anxiété du bébé et de l’enfant : les huiles essentielles à respirer »

Soins complémentaires avec les hydrolats

Ces conseils peuvent être complétés par des pulvérisations ou applications légères d’hydrolats. Ce sont des eaux aromatiques, très douces, obtenues lors de la distillation des huiles essentielles : très faiblement chargés en molécules aromatiques, elles sont particulièrement adaptés à la pulvérisation sur les peaux, même les plus fragiles. Les hydrolats ne présentent pas de contre-indications et sont une alternative ou un complément intéressant aux huiles essentielles. Ils excellent pour leurs propriétés anti-inflammatoires et apaisent remarquablement bien tous les micro-foyers d’inflammation et de rougeurs.

Pour les peaux fragiles des bébés et des enfants, en privilégiant des parfums calmants et réconfortants émotionnellement, on peut retenir les hydrolats de Rose, Lavande fine, Camomille romaine ou fleur d’Oranger : pulvériser l’hydrolat choisi sur les zones fragilisées (ou tamponner très doucement avec une compresse bien imprégnée), puis appliquer le soin à base d’extrait de Calendula. Les hydrolats peuvent également servir de geste de « rinçage thérapeutique », après la toilette avec un liniment ou un lait de toilette.

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard sur le site AMSOAM « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Si vous souhaitez approfondir et/ou sécuriser vos gestes dans l’utilisation des huiles essentielles, vous pouvez venir suivre l’atelier débutant AMSOAM, Découvertes des huiles essentielles

Soulager le psoriasis avec les huiles essentielles

Huiles essentielles traiter psoriasis

Le psoriasis, inflammation chronique de la peau, non infectieuse et non contagieuse, se manifeste par des rougeurs et une desquamation. Il évolue par poussées et rend parfois le quotidien douloureux et compliqué. Les huiles essentielles, hydrolats et huiles végétales apportent un réel soutien sur plusieurs plans : ces soins naturels et doux vont calmer le tissu cutané, apaiser le mental et permettre de retrouver une meilleure qualité de vie.

Le psoriasis : causes et manifestations

Le psoriasis, maladie auto-immune, d’origine mal déterminée, en partie génétique et environnementale, se manifeste par une multiplication accélérée des cellules de la peau (en trois à six jours, au lieu d’un mois), suivie d’une réaction inflammatoire.

On observe l’apparition de plaques rouges, recouvertes de squames (peaux mortes), assorties parfois de démangeaisons, le plus souvent au niveau du cuir chevelu et des oreilles, des coudes et des genoux. Elle peut aussi s’étendre au visage, aux ongles et sur une grande partie du corps. Sa forme la plus grave, même si peu fréquente, se caractérise par une atteinte des articulations : il s’agit du rhumatisme psoriasique.

C’est une maladie bien visible, avec un quotidien difficile, car elle est délicate à traiter et oblige à supporter constamment les regards des autres, voire les questionnements, pas toujours bienveillants. Elle apparaît souvent chez des sujets jeunes, parfois au décours d’un choc émotionnel ou d’un traumatisme physique, à la suite d’une maladie infectieuse ou de la prise de certains médicaments ou encore sous l’effet de certains dérèglements hormonaux. L’hérédité est aussi engagée. Elle évolue par poussée, offrant des périodes de rémission. Mais, chaque nouvelle poussée, très liée à l’état émotionnel du moment, est déstabilisante et laisse le sujet et son entourage dans le désarroi.

Le traitement classique, à base de corticoïdes, ne peut être que palliatif. Aussi, une prise en charge globale de cette affection est nécessaire pour soulager à long terme la peau de cette prolifération excessive de cellules et permettre au sujet une vie quotidienne plus confortable.

Psoriasis et accompagnement par des soins naturels

Cette affection, comme toutes les affections chroniques de la peau non infectieuses, nécessitent beaucoup d’attention au niveau de l’hygiène de vie : alimentation, sommeil, gestion du stress, soins corporels quotidien, cure thermales …

Psoriasis et nutrition 

  • Limiter/supprimer gluten, plats tout préparés, charcuterie, viandes grasses, laitages… Privilégier tous les apports en acides gras essentiels, notamment en oméga 3 (poissons gras, huiles végétales de Périlla, Lin, Cameline, Chanvre, Rose musquée, Courge, Colza, Noix)
  • Supplémenter en oligoéléments (Zinc, Soufre, Cuivre, Manganèse, Sélénium…) et en vitamines A, B, C et E très importants pour préserver une belle élasticité, une bonne cicatrisation et un état optimal de la peau
  • Faire régulièrement des cures de probiotiques pour maintenir un bon fonctionnement de l’intestin et agir sur l’immunité
  • Drainer très régulièrement les émonctoires (organes d’élimination), tout particulièrement le foie, en phytothérapie, aromathérapie et/ou gemmothérapie. Les huiles essentielles et/ou hydrolats de Lédon du Groenland, Livèche et Romarin à verbénone sont particulièrement recommandées.

A lire : « Le romarin : une plante et trois huiles essentielles »

Psoriasis et gestion du sommeil et du stress

Plusieurs approches thérapeutiques sont possibles et complémentaires : compléments alimentaires spécifiques, psychothérapies, yoga, gi gong, sophrologie… à chacun de trouver son outil selon sa sensibilité.

L’aromathérapie présente aussi un intérêt majeur dans la gestion du stress, par son approche olfactive. Les molécules aromatiques, via le bulbe olfactif, offrent une connexion directe avec les émotions : elles « obligent » à respirer, invitent à la détente et au lâcher-prise, favorisent un retour au calme intérieur.

Les huiles essentielles de Sapin géant, Rose de Damas et Myrrhe de Somalie sont à retenir.

  • HE Sapin géant : tonique général, invite à la respiration et au lâcher-prise, apporte optimisme, joie et vitalité, aide à s’exprimer
  • HE Rose de Damas : réconfortante, chasse les pensées négatives, soulage de l’anxiété et de la dépression
  • HE Myrrhe de Somalie : réharmonisante nerveuse, calme le mental, aide à se poser

MA FORMULE
          Stick olfactif  « Grand calme »    

Propriétés : réharmonisante nerveuse, calmante, réconfortante

Indications : agitation, irritabilité, stress, inquiétude, anxiété, sommeil difficile

HE Sapin géant, Abies grandis10 gouttes
HE Rose de Damas, Rosa damascena5 gouttes
HE Myrrhe de Somalie, Commiphora molmol5 gouttes

Mode d’utilisation : prendre un stick inhalateur avec une mèche de coton vierge et imprégner celle-ci des huiles essentielles dans les proportions indiquées. La fixer sur son support, puis refermer le système, le stick est prêt à l’emploi. Le respirer profondément 4 à 5 fois de suite dès que le besoin se fait sentir, plusieurs fois par jour.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, sujet épileptique, sujet asthmatique

Psoriasis : soins de la peau avec des huiles végétales et des huiles essentielles

Il est important de choisir des huiles essentielles antiprurigineuses, anti-inflammatoires et très réparatrices et des huiles végétales riches en vitamine E, oméga 3 et 6, aux actions antioxydantes, apaisantes, régénératrices. La dimension olfactive sera présente aussi à chaque application et en avoir conscience participe au soin.

Focus sur les huiles essentielles proposées

  • HE Camomille allemande : anti-inflammatoire, antiprurigineuse, décongestionnant
  • HE Bois de Rose : tonique cutanée, anti-infectieuse, calmante, énergisante nerveuse
  • HE Géranium d’Egypte : anti-inflammatoire, antalgique, tonique cutanée, cicatrisante
  • HE Laurier noble : antalgique, régulateur du système nerveux, oxygénant
  • HE Myrrhe de Somalie : anti-inflammatoire, antalgique, astringente, cicatrisante

Si vous souhaitez approfondir toutes ces informations, un atelier huiles essentielles AMSOAM est entièrement consacré à la peau, ses exigences, sa santé et sa beauté. Selon les dates et programmations, vous pouvez vous y inscrire en ligne, ATELIER AMSOAM huiles essentielle LA PEAU, vous y apprendrez comment la respecter et apaiser ses différents états d’âme.

MA FORMULE
   Psoriasis   

Propriétés : antiprurigineuse, anti-inflammatoire, antalgique, anti-infectieuse, réparatrice

Indications : psoriasis avec démangeaisons

HE Camomille allemande, Matricia recutita15 gouttes
HE Bois de Rose, Aniba roseodora10 gouttes
HE Géranium rosat d’Egypte, Pelargonium graveolens CV Egypte10 gouttes
HE Laurier noble, Laurus nobilis10 gouttes
HE Myrrhe de Somalie, Commiphora myrrha15 gouttes
Huile végétale de Kukui5 ml
Huile végétale de Pépins de framboise5 ml
Huile végétale de Rose musquéeQSP 30 ml
(Complément)

Mode d’utilisation : Réaliser le mélange dans un flacon compte-gouttes en verre teinté de 30 ml. L’appliquer 3 à 4 fois par jour sur les plaques. Pour le cuir chevelu, appliquer le mélange le soir et procéder au shampoing le lendemain matin, avec un shampoing doux classique ou idéalement avec des poudres végétales comme la poudre de Shikakaï et/ou de Sidr en pâte à l’eau.

Les huiles végétales de Kukui et Pépins de framboise peuvent être remplacées par des huiles végétales de Bourrache ou Onagre et/ou du macérât huileux de Calendula.

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, sujet épileptique, sujet asthmatique

Pour plus d’informations sur les huiles végétales, lire cet article : « Les huiles végétales, comment les choisir pour diluer les huiles essentielles ? »

Rhume et rhinopharyngite : comment traiter mon enfant avec les huiles essentielles ?

Enfant bébé rhume huiles essentielles

Nez bouché, nez qui coule et toux qui raccourcissent les nuits … la saison des rhumes arrive. Ils sont en général d’origine virale, parfois assortis d’un peu de fièvre. La plupart du temps sans gravité, ils demandent toutefois des gestes locaux appropriés. Les huiles essentielles et hydrolats accompagnent aussi nos enfants en hiver : ils font en sorte que l’infection soit moins intense et moins longue et soutiennent efficacement leur immunité.

Eternuements, écoulement nasal : rhume ou rhinopharyngite ?

Le rhume est une forme de rhinopharyngite. C’est une infection aigüe d’origine virale, qui se manifeste par un nez bouché, un écoulement nasal important et des éternuements. Cette inflammation de la muqueuse nasale et du fond de la gorge (le pharynx), peut s’étendre au sinus, au larynx, à la trachée et aux bronches.

Très contagieux, le rhume s’installe souvent sur un organisme fatigué, fragilisé, parfois par simple contact avec d’autres personnes/enfants déjà malades. Il peut se surinfecter et se transformer en otite, sinusite, bronchite… s’il n’est pas enrayé rapidement. L’incubation est courte : 1 à 3 jours. La fièvre est souvent modérée, mais peut monter jusqu’à 39°C chez les bébés et jeunes enfants. Puis, en 2 à 3 jours, l’écoulement nasal s’épaissit et une toux apparait.

Avec des soins appropriés, tout rentre dans l’ordre en 8 à 10 jours : plus on réagit vite, plus l’aromathérapie est efficace. L’avantage de réagir avec les huiles essentielles chez l’enfant, c’est qu’elles accompagnent son immunité pendant l’infection. Ce système en construction est encore immature. Elles le renforcent et l’enfant ressort de cet épisode viral, plus résistant.

Gestes réflexes à avoir chez le tout-petit en cas de rhinopharyngite :

  • Aspirer doucement les mucosités avec un mouche-bébé, nettoyer les fosses nasales à l’eau de mer en position allongée, sur le côté, puis aspirer les mucosités résiduelles
  • Apprendre dès que possible à l’enfant à ne pas renifler, mais à se moucher, et à se laver régulièrement les mains
  • Surveiller sa température corporelle, bien le couvrir et éviter les pièces surchauffées
  • Humidifier l’atmosphère s’il est trop sec
  • Adapter son alimentation en réduisant/supprimant les laitages
  • Faire boire l’enfant abondamment
  • Observer son état général : douleurs, tonicité, réactivité, présence, appétit ?

Tout signe de gravité (abattement, changement de comportement, fièvre élevée ou qui dure, douleurs) nécessite une consultation médicale et un diagnostic.

Rhumes et rhinopharyngites : les soigner avec les huiles essentielles

Pour accompagner un enfant enrhumé, rendre son quotidien plus confortable et accélérer sa guérison, l’aromathérapie est d’un soutien précieux. Certaines huiles essentielles ont des propriétés anti-infectieuses ciblées, notamment antivirales. Si elles sont employées dès les premiers symptômes et à intervalles réguliers pendant quelques jours, le rhume n’y résistera pas.

Assainir, fluidifier, désencombrer, calmer l’inflammation des muqueuses respiratoires, stimuler les défenses immunitaires… autant de points sur lesquels les huiles essentielles vont pouvoir agir.

Les quatre huiles essentielles de référence pour composer une synergie de soutien « anti-rhume » pour les jeunes enfants sont les huiles essentielles de Thym à linalol, de Lavande fine, de Ravintsara et de Tea tree.

Zoom sur l’huile essentielle de Thym à linalol : le « Thym pédiatrique »

Bien utilisée, l’huile essentielle de Thym à linalol, Thymus vulgaris CT linalol, est particulièrement efficace dans les infections ORL de l’enfant : anti-infectieuse majeure, douce et bien tolérée, elle stimule également l’immunité. Antitussive, légèrement antispasmodique, elle détend, réconforte et tonifie. Elle accompagne l’enfant dans son processus de croissance.

Les huiles essentielles complémentaires :

  • Tea tree: anti-infectieuse très polyvalente, immunostimulante et antifatigue
  • Lavande fine : anti-inflammatoire, anti-infectieuse et régulatrice nerveuse
  • Ravintsara : antivirale exceptionnelle, expectorante et mucolytique, régulatrice immunitaire

MA FORMULE
Rhume du bébé et de l’enfant

Propriétés : anti-infectieuse polyvalente, antivirale, expectorante, décongestionnante, immunostimulante, tonifiante

Indications : rhume et rhinopharyngite, affections des voies respiratoires hautes

HE Thym à linalol, Thymus vulgaris CT Linalol20 gouttes
HE Tea tree, Melaleuca alternifolia10 gouttes
HE Ravintsara, Cinnamomum camphora CT 1-8 Cinéole20 gouttes
HE Lavande fine, Lavandula angustifolia10 gouttes
HV noyau d’AbricotQSP 10 ml
(Complément)

Mode d’utilisation : dans un flacon en verre teinté de 10 ml, verser les huiles essentielles dans les quantités indiquées, puis compléter avec l’huile végétale. Répartir sur le thorax, le haut du dos et la voûte plantaire selon les modalités précisées ci-dessous.

  • Bébé (3 à 30 mois) : 3 à 10 gouttes (en fonction de l’âge), 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours
  • Enfant (30 mois à 6 ans) : 10 à 20 gouttes (en fonction de l’âge), 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours

Contre-indications : bébé < 3 mois, femmes enceintes et allaitantes, sujets épileptiques, asthmatiques, avec antécédents de convulsions

Précautions d’utilisation : chez l’enfant et le bébé, il est recommandé de procéder au test allergique avant l’application d’huiles essentielles sur une surface étendue. Voilà un tutoriel sur la peau qui vous permettra de savoir comment faire le test d’allergie aux huiles essentielles.  

Rhume et rhinopharyngite : soutenir l’immunité avec les hydrolats (HA)

Les rhumes à répétition signent souvent une fatigue générale de l’organisme. Les hydrolats (HA), eaux issues de la distillation des huiles essentielles, sont chargés en molécules aromatiques mais dans des proportions moindres. Ils ne présentent pas les mêmes contre-indications que les huiles essentielles et sont une alternative intéressante pour travailler au long cours sur l’immunité à partir de l’âge de 3 ans.

Les hydrolats permettent aussi aux jeunes enfants de se familiariser très tôt avec les saveurs aromatiques et végétales. Cela est important, car lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront alors apprivoiser plus facilement la puissance des huiles essentielles en bouche.

Ces hydrolats sont à prendre dans le cadre d’une alimentation variée, riche en légumes et fruits frais, additionnée alternativement de cures de pollen, d’acérola (riche en vitamine C), d’oligoéléments, de macérats glycérinés de bourgeons ou encore de probiotiques. Ces traitements de fond préventifs seront suivis par un médecin et/ou praticien de santé bien-être.

Ma formule Immunité enfant

  • HA Laurier noble, Laurus nobilis : une demie cuillère à café
  • HA Thym à linalol, Thymus vulgaris CT linalol : une demie cuillère à café
  • Eau minérale : un verre

Mode d’utilisation : verser les deux hydrolats, selon les quantités indiquées, dans le verre d’eau minérale et faire boire ce mélange à l’enfant tous les matins, une semaine à 10 jours par mois. A renouveler plusieurs fois au cour de l’hiver.

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Le romarin : une plante et trois huiles essentielles

Huile essentielle romarin

Le romarin, ou Rosemary en anglais, est une plante méditerranéenne très présente en médecine traditionnelle. Il nous offre trois huiles essentielles aux propriétés différentes selon qu’il pousse en Afrique du Nord, en Corse ou en Provence. Elles orienteront leur action soit vers l’arbre respiratoire, la sphère hépatique ou encore les systèmes musculaire ou articulaire. Leurs notes olfactives assez puissantes sont différentes. Observons ensemble les spécificités de ces trois huiles essentielles – à cinéole, à verbénone ou à camphre – pour comprendre comment elles agissent et soulagent à ces différents niveaux.

Histoire du Romarin

Le Romarin est une plante originaire du pourtour méditerranéen. C’est un petit arbuste vigoureux, touffu et vivace. Ses feuilles, qui ressemblent plus à des aiguilles, restent vertes toute l’année. Ses fleurs oscillent du blanc au bleu pâle, voire bleu lavande. Il affectionne les sols arides, secs et ensoleillés du maquis. Il supporte bien les embruns marins, d’où son nom latin Rosmarinus officinalis, littéralement rosée marine. Très présent dans la cuisine méditerranéenne, malgré une certaine amertume, il parfume délicatement de nombreux plats.

Le romarin était considéré comme une plante sacrée dans l’Antiquité. Symbole d’amour, surnommé aussi la « Rose de Marie » ou « l’Herbe aux couronnes », il fut effectivement utilisé pour tresser des couronnes lors de différents rites nuptiaux ou estudiantins : les étudiants, sous la Grèce antique, s’en paraient pour gagner en capacité de concentration et mémorisation. Parfois brûlé, sous forme de fumigation, ou planté au pied des tombes romaines, il apportait l’immortalité et la paix éternelle. Introduit en Europe au IXème siècle, on le retrouve dans la formulation de nombreuses alcoolatures aux vertus tonifiantes, anti-infectieuses ou encore antirhumatismales. Ses premières distillations sont réalisées vers le XIIIème siècle. La tradition populaire dit que le romarin dans un jardin ou une maison est un signe de fertilité et de chance.

En médecine traditionnelle, il est utilisé depuis longtemps pour ses propriétés apéritives et digestives. Et, le romarin est, encore aujourd’hui, une plante incontournable en phytothérapie et aromathérapie : c’est un grand régulateur hépatique. Recherché en parfumerie pour ses notes plutôt masculines, son huile essentielle présente des différences biochimiques notables selon son biotope (lieu de culture, sol, ensoleillement, température…) : les romarins de Provence, Corse ou Afrique du Nord, nous donneront après distillation trois huiles essentielles de compositions, propriétés et utilisations différentes.

Les huiles essentielles de Romarin : chémotypes, propriétés et indications

Les huiles essentielles de Romarin vont se distinguer par leur chémotype (CT) : celui-ci, désigné par un nom de molécule – camphre, cinéole ou verbénone –  indique l’orientation thérapeutique de l’huile essentielle (et non pas la molécule présente en quantité majoritaire). Pour une même plante, le chémotype dépend du pays, du climat, du sol, … Il serait même inscrit dans ses gênes.

HE Romarin à camphreHE Romarin à cinéoleHE Romarin à verbénone
Nom latinRosmarinus officinalis CT Camphre (bornéone)Rosmarinus officinalis CT CinéoleRosmarinus officinalis CT ABV (Acétate de Bornyle et Verbénone)
Lieu de récolteProvenceAfrique du NordCorse
Propriétés principalesAntidouleur, anti-inflammatoire, relaxante neuromusculaireAnti-infectieuse respiratoire, expectorante, tonifiante circulatoireRégulatrice hépatique, immunomodulante, anti-infectieuse
IndicationsDouleurs musculaires et articulaires, crampes, rhumatisme, arthrose, crise de goutteAffections ORL et bronchopulmonaires, affections circulatoires et musculairesSurcharge hépatique (cure détox, hépatite, hyperlipidémies), déséquilibre hormonal, affections ORL

Huile essentielle de Romarin à Camphre

Voie d’administration préférentielle : voie cutanée, toujours diluée

Voies d’administration contre-indiquées : voie orale et sublinguale

Contre-indications (huile essentielle neurotoxique) : femmes enceintes et allaitantes, enfants < 12 ans, sujets épileptiques ou avec antécédent de convulsion, sujets asthmatiques, prudence en cas d’hypertension.

Huile essentielle de Romarin à 1,8 Cinéole

  • Affections ORL (rhumes, sinusites, bronchites…) : diluer 3 à 4 gouttes d’huiles essentielles de Romarin à Cinéole dans une dizaine de gouttes d’huile végétale de noyau d’Abricot et masser le thorax et le haut du dos, 3 fois par jour.
  • Préparation à l’effort ou récupération musculaire : diluer 75 gouttes d’huile essentielle de Romarin à cinéole dans 50 ml de macérât huileux d’Arnica et masser les muscles concernés.
  • Problèmes de concentration et/ou mémorisation : déposer une dizaine de gouttes d’huiles essentielles de Romarin à Cinéole sur un stick olfactif. A inhaler 3 à 4 fois par jour, en prenant de grandes inspirations profondes.

Voies d’administration préférentielles : voie cutanée ou respiratoire

Contre-indications : femmes enceintes et allaitantes, enfants < 6 ans, sujets épileptiques ou avec antécédent de convulsion, sujets asthmatiques, prudence en cas d’hypertension.

Huile essentielle de Romarin à verbénone (ou ABV : Acétate de Bornyle verbénone)

  • Détoxification hépatique, drainage : mélanger 1 à 2 gouttes d’huile essentielle de Romarin à verbénone dans une cuillère à café d’huile d’olive, 2 fois par jour. A faire sur 7 à 10 jours selon les besoins ressentis.

Voie d’administration préférentielle : voie sublinguale

Contre-indications : Femmes enceintes et allaitantes, enfants < 12 ans, sujets épileptiques ou avec antécédent de convulsion, pathologies cancéreuses hormonodépendantes, obstruction des voies biliaires et pancréatiques, prudence en cas d’hypertension.

Zoom sur le camphre ou bornéone

Ce composé connu de tous, tant son odeur est spécifique, appartient à la famille des cétones. Il présente des propriétés mucolytiques (fluidifiante des sécrétions bronchiques) et antalgiques puissantes (antidouleur). Il est décontracturant, car il permet l’élimination de l’acide lactique, responsable des crampes quand celui-ci s’accumule en quantité conséquente dans les muscles. Son affinité particulière pour les gaines de myéline (qui entourent les fibres nerveuses) le rend cependant, à dose élevée, toxique pour le système nerveux. L’utilisation des huiles essentielles en contenant, notamment les trois huiles essentielles de Romarin, nécessite une certaine prudence.

Les précautions d’emplois et contre-indications quant à l’utilisation des huiles essentielles sont nombreuses, notamment pour les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées, les enfants, les sujets allergiques, asthmatiques et épileptiques. Ces informations sont à consulter dans les articles d’Aude Maillard « Maitriser la dangerosité des huiles essentielles ».

Huiles essentielles de Romarin, caractère et olfaction

L’utilisation des huiles essentielles de Romarin montre que chaque chémotype correspond à une certaine « typologie » de personne et apporte par son olfaction des bienfaits subtilement différents.

  • Romarin à 1,8 cinéole : « l’adolescent insouciant, jovial et associatif ». Huile essentielle qui agit sur la capacité à communiquer. Elle oxygène et améliore les échanges. Elle invite aussi à la résistance, à la persévérance et apporte force, volonté et confiance, là où il y a de l’abattement. Elle facilite la concentration et la mémorisation ; là où il y a de la confusion, elle apporte de la clarté.
  • Romarin à verbénone : « la sagesse, l’équilibre, la maturité, l’être accompli ». Huile essentielle qui stabilise, aide à digérer et à murir. Elle renforce la volonté, permet l’affirmation de soi et apporte singularité, sagesse et maitrise.
  • Romarin à camphre : « le vieillard rigide et sclérosé ». Peu utilisée en olfaction en raison de son odeur camphrée très puissante, elle est, en massage, l’huile essentielle des états sclérosés, des articulations et musculatures abimées, des pertes de mobilité : elle agit efficacement sur les maux du « grand âge » ou sur le vieillissement accéléré à la suite de traumatismes physiques.

Cette typologie illustre ce que font ressentir ces huiles essentielles lorsqu’on les respire. Cependant, à partir de l’âge adulte, elles peuvent être utilisées à toute période de la vie, chacune d’entre elles comportant alternativement des étapes d’insouciance, de blessures, de maturation, de prise de conscience et de sagesse.

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