Toxicité des huiles essentielles (partie 2)

123
huile essentielle toxicité contre indications dangers

« Tout est poison, rien n’est poison, seule la dose compte », Hippocrate.

 

Les précautions d’utilisation

Certaines huiles essentielles présentent une toxicité spécifique. Prenons par exemple l’huile essentielle de menthe poivrée qui a un effet réfrigérant qui peut bruler la peau par un effet glaçon, si l’huile essentielle est appliquée sur une surface étendue. L’huile essentielle gaulthérie qui possède un effet chauffant, qui peut être excessif si elle est appliquée pure. Leurs utilisations nécessitent certaines adaptations. Mais il est important de souligner que les huiles essentielles n’ont pas d’effet secondaires lorsqu’elles sont utilisées dans les règles de l’art et en toute connaissance des fragilités du sujet qui les reçoit. En aromathérapie familiale, il sera donc important de ne pas faire d’automédication avec les huiles essentielles avec es personnes fragiles : les bébés et les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, les sujets asthmatiques et les sujets épileptiques, les personnes qui prennent beaucoup de médicaments. Ces personnes ont un seuil de tolérance beaucoup plus faible que les autres, et peuvent exprimer des intoxications aux huiles essentielles beaucoup plus vite. L’aromathérapie nécessite un minimum de connaissance avant d’appliquer et d’administrer ces concentrés de molécules aromatiques, il est vivement recommandé de prendre conseil au travers de livres, articles, ateliers et formations aromathérapie ou bien de conseils venant d’un aromathérapeute.

Comment les huiles essentielles peuvent elles être toxiques ?

Une famille biochimique particulière, celle des cétones, est ici particulièrement visée : elle présente une neurotoxicité et un risque abortif, à lire la page sur la neurotoxicité des cétones.

La famille des phénols, présentent un double risque toxique à savoir  la causticité tournée vers la peau et les muqueuses (dermocausticité) et le foie (hépatotoxicité). La précaution à prendre avec les huiles essentielles contenant des phénols est de ne pas utiliser de voie cutanée, ni rectale, seule la voie orale (en gélules ou oléo-capsules) sera possible. En cas de traitement long, pour éviter tout risque hépatotoxique, il faudra toujours prendre ces huiles essentielles par doses dégressives, et faire au maximum 10 jours de traitement. Au delà le foie risque d’exprimer quelques difficultés.

Liste des huiles essentielles dermocaustiques (pas de mise en bouche et pas d’application cutanée) :

Ajowan, thym à thymol,  clou de giroflier, toutes les huiles essentielles de cannelles, Origan compact, sarriette des montagnes

Une autre toxicité concerne l’interférence de certaines molécules aromatiques avec les rayons ultra violet, pouvant occasionner des risques de photoxicité. Ce sont les extraits aromatiques contenant des furocoumarines et pyrocoumarines qui sont concerné. Leur application cutanée, est contre-indiquée 8 heures avant une exposition aux ultra-violets. Des réactions érythémateuses susceptibles de favoriser la carcinogénèse et l’accélération de la mélanogénèse peuvent laisser des taches irréversibles. Leur utilisation par voie interne est aussi déconseillée.

 

L’administration des huiles essentielles contenant beaucoup de monoterpènes comme toutes les espèces de pins et de sapins, celle de genévriers et de même que le santal blanc, peut au long cours enflammer les néphrons, ce risque est appelé la néphrotoxicité. Mais si l’on écoute la nature, toutes ces huiles essentielles n’ont pas leur place sur l’interface digestive, elles se respirent et sont destinées à une action respiratoire.

Photosensibilisation

les huiles essentielles d’angélique, de khella et, dans une moindre mesure, l’estragon, lavande, cannelle de Chine et de Ceylan sont photosensibilisantes. Il faudra donc éviter toute exposition solaire prolongée dans les 6 heures suivant la prise de l’huile essentielle. C’est la même chose avec les essences d’agrumes.

Lorsque tous ces effets toxiques sont présents à l’esprit, avoir recours aux huiles essentielles en parfaite innocuité n’est qu’une question de choix : celui de l’hui, de la dose, de la durée et de la voie d’administration. Comme pour un médicament, il existe pour chaque huile essentielle un équilibre entre le bénéfice et le risque qui doit aussi être envisagé en fonction du sujet.

EUCALYPTOL ou 1,8 CINEOLE

Le cinéole est une molécule pouvant entrainer des convulsions, elle est présente dans beaucoup d’huile essentielle? Ce sont en général toutes les huiles essentielles avec un fort impact respiratoire :  eucalyptus radié, eucalyptus globulus, ravintsara, niaouli…. Par exemple, l’eucalyptus radié en contient 60 à 70 % et l’eucalyptus globulus en affiche 70 à 75 %. Ces subtilités permettront à l’aromathérapeute d’affiner le choix des huiles essentielles dans une synergie adressée à un enfant, pour minimiser le risque toxique. La variété globulus sera donc plutôt réservée à l’adulte ou tout au moins à l’enfant de plus de 6 ans, et la radiata conviendra mieux au plus petit.

PARTAGER
Docteur en Pharmacie, aromatologue et réflexologue. Aude Maillard a une approche très complète des huiles essentielles, à la fois scientifique et énergétique. C’est aussi et avant tout une passionnée des huiles essentielles avide de transmettre son savoir. Elle anime aujourd’hui des ateliers santé autour de l’aromathérapie ainsi que des formations professionnelles pour devenir aromathérapeute.