Qu’est-ce qu’une huile végétale ?

Huile végétale et huile essentielle

Huile végétale, huile minérale, huile essentielle… autant de termes qui évoquent une notion de matière LIPOPHILE, c’est-à-dire “qui aime le gras”. Quelles sont leurs différences ? Comment s’obtiennent-elles ? Les huiles végétales font partie de notre patrimoine culinaire, cosmétique et même religieux. De l’Egypte à la Chine, de la Grèce à l’Inde, elles ont voyagé à travers le temps, les rites et les cultures. Les huiles végétales sont des concentrés de molécules lipophiles, appelées acides gras, primordiales pour l’équilibre et le bon fonctionnement de l’organisme tout entier. Elles servent à construire des cellules, à synthétiser les hormones. Elles participent à l’équilibre nerveux et immunitaire, aident à la concentration et à la croissance… elles sont les alliées de la santé.

Différence entre une huile végétale, un beurre végétal, un macérat huileux, une huile essentielle

Notre végétation est riche de plantes oléagineuses, donnant des graines ou fruits composées de matières grasses : amande, abricot, chanvre, coco, colza, karité, lin, noisette olive,… Une huile végétale est un corps gras extrait de ces plantes – issue du règne végétal – à la différence des huiles d’origine minérale, comme l’huile de paraffine – issue de la roche, du règne minéral.

Les huiles végétales de qualité supérieure sont extraites mécaniquement à froid à l’aide d’une presse. On obtient une huile brute, ensuite filtrée ou centrifugée. Aucun traitement ultérieur ne doit être effectué (raffinage, désodorisation…), on parle ainsi d’«huile vierge de première pression à froid». Certaines huiles végétales sont consommables, d’autres pas, mais toutes ont un intérêt pour notre santé. Elles sont constituées à plus de 98% de lipides, sous forme d’acides gras. La fraction restante est composée de substances dites « insaponifiables », c’est-à-dire ne réagissant pas lors de la réaction de saponification permettant la fabrication des savons : elle comprend des vitamines liposolubles (A, D, E, K), des polyphénols (antioxydants), des phytostérols (anti-inflammatoires, cicatrisants) et parfois quelques traces d’huiles essentielles. Selon le type d’acides gras présents dans la graine ou le fruit, le corps gras obtenu est en fait, à température ambiante, liquide ou solide. S’il est solide, on parle de beurre végétal, le beurre de karité étant bien sûr le plus connu.

Un macérat huileux est obtenu par macération d’une plante dans une huile végétale, celle-ci se chargeant des principes actifs de la plante. L’huile végétale est ensuite filtrée et cumule ses propres propriétés et celles de la plante mise à macérer.

Les huiles essentielles ne sont pas des huiles végétales. Elles sont obtenues par distillation à la vapeur d’eau, ne contiennent que des molécules aromatiques et aucun corps gras. Elles sont insolubles dans l’eau, mais solubles dans les matières grasses et l’alcool.

Les huiles végétales à travers le temps

Les huiles végétales accompagnent l’Homme depuis des millénaires. Elles ont servi de moyen d’éclairage et de support dans de nombreux rites religieux et rituels de soins cosmétiques, avant même d’être utilisées abondamment dans l’alimentation, notamment en Occident à partir du Moyen-âge. En Egypte ancienne, les Dieux étaient honorés par des onguents et huiles parfumées. De nombreux textes bibliques évoquent l’huile d’olive comme huile d’onction sainte. Aujourd’hui encore, elle est utilisée dans certains sacrements (onction des malades, confirmation…).  Au XXème siècle, la composition précise des huiles végétales et leur implication dans de nombreux métabolismes du corps humain ont été mises à jour scientifiquement, participant à l’essor des sciences de la nutrition. Leur utilisation est aujourd’hui très largement répandue dans l’alimentation, la cosmétique et bien sûr en aromathérapie.

A chaque continent ses huiles de prédilection, en voici quelques exemples :

  • Méditerranée : huile d’olive
  • Europe : huiles de lin, noix, noisette, colza
  • Moyen-Orient : huiles d’olive, de nigelle (ou cumin noir)
  • Inde : huiles de sésame, de coco
  • Amérique du Sud : huile de jojoba
  • Afrique : beurre de karité

Huiles végétales : rôle physiologique des acides gras saturés et acides gras insaturés ou Omégas 9, 6 et 3

Dans la nature, les acides gras sont présents dans le règne végétal et animal. Ils sont dits « saturés » lorsqu’ils ne présentent que des liaisons simples entre leurs atomes de Carbone et « insaturés » s’il y a présence de doubles liaisons. Ils se répartissent en trois catégories : les AGS, AGMI et AGPI.

-AGS, Acides Gras Saturés (molécules principales : acides butyrique, laurique, palmitique, stéarique…) : présents dans les huiles végétales ou beurres végétaux de Palme, Coco, Arachide, Tournesol, Sésame, Cacao… et type d’acides gras présents aussi dans les graisses animales (viande, beurre)

-AGMI, Acides Gras Mono-Insaturés ou Omégas 9 (molécule principale : acide oléique) : présents dans les huiles végétales d’Olive, Colza, Tournesol, Noix, Arachide, Avocat

-AGPI, Acides Gras Poly-Insaturés ou Omégas 3 et 6 :

  • Omégas 6 (molécules principales : acide linoléique et acide gamma-linoléique) : présents dans les huiles végétales de Bourrache, Onagre, Maïs, Tournesol, Sésame
  • Omégas 3 (molécules principales : acide alpha-linolénique (ALA), et ses deux dérivés hautement actifs l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA)) : présents dans les huiles végétales de Périlla, Cameline, Colza, Courge, Noix, Lin, Chanvre et présents aussi dans les poissons gras (maquereaux, saumons, sardines) et le krill (crustacés marins de type crevettes vivant en eaux marines profondes)

Acides Gras : leur rôle physiologique

Les Acides Gras sont indispensables à notre santé physique et psychique, tout particulièrement les AGPI. L’organisme peut fabriquer les omégas 9, mais pas les omégas 3 et 6. Les omégas 3 et 6 sont dénommés AGE ou Acides Gras Essentiels, car ils ne peuvent être apportés que par l’alimentation.

Les Omégas 3 interviennent dans :

  • dans de nombreux processus biochimiques (régulation de la tension artérielle, élasticité des vaisseaux, agrégation plaquettaire…)
  • le bon fonctionnement du système cardiovasculaire
  • la structuration, le développement et le fonctionnement du cerveau et de la rétine
  • la régulation du système immunitaire et des états inflammatoires et allergiques
  • la régulation de l’humeur

Les Omégas 6 interviennent dans :

  • la structuration des membranes cellulaires et dans la fluidité membranaire
  • la fonction de barrière de l’épiderme, en régulant le niveau d’hydratation de la peau
  • dans la coagulation du sang
  • dans la régulation du « mauvais » cholestérol

Les Omégas 9 interviennent aussi dans la protection des maladies cardiovasculaires et la régulation du taux de cholestérol.

Huiles végétales : sensibilité à l’oxydation et modes de conservation

Une huile végétale est fragile et peut s’altérer au contact de l’air et de la lumière, sous l’effet de la chaleur ou sous l’action de certaines enzymes, les lipases. Elle change de couleur et/ou son odeur devient rance. Les acides gras se détériorent, l’huile perd alors de son efficacité et peut devenir nocive. Le mode de conservation est primordial pour un usage optimal des huiles végétales : idéalement dans un contenant opaque, en verre, à température variable selon les huiles.

  • Huiles végétales très sensibles : Cameline, Périlla, Carthame, Chanvre, Onagre, Rose musquée… A conserver au réfrigérateur et à consommer rapidement (dans les 3 à 4 mois suivant leur ouverture). Ne pas les cuire. Pour un usage cosmétique, limiter leur montée en température.
  • Huiles végétales sensibles : Bourrache, Coton, Germe de blé, Nigelle, Tournesol … A conserver au frais, idéalement au réfrigérateur.
  • Huiles végétales peu sensibles : Sésame, Olive, Argan, Abricot, Jojoba, Karité… Conservation à température ambiante, sur une durée d’environ un an. Selon les huiles, peuvent être chauffées pour un usage cosmétique ou utilisées en cuisine pour la cuisson

Les huiles végétales, véritables trésors de bienfaits, peuvent se gorger d’actifs de plantes et de soleil, ou être enrichies en huiles essentielles, et mettre à disposition de l’Homme toutes ces énergies nécessaires à son évolution.

Dans l’article « Huiles végétales : Comment les choisir ? », nous vous invitons à découvrir leurs utilisations dans notre alimentation, en cosmétique ou en aromathérapie et nous vous proposons un tableau récapitulatif avec toutes les informations nécessaires à un bon usage des huiles végétales.

 

 

Marie-Amélie de Bernouis est Docteur en Pharmacie et aromatologue. Elle se passionne depuis toujours pour les thérapies complémentaires. La relation à l’Autre et le soin sont au cœur de son travail. Formée à la réflexologie plantaire, à la phytothérapie et l’aromathérapie scientifique (DU Paris V et certification AMSOAM by Aude Maillard), les huiles essentielles y ont trouvé naturellement leur place. Forte d’une longue expérience de conseil client en officine et au sein d’un laboratoire de cosmétiques bio et d’aromathérapie, elle aime partager ses connaissances et faire découvrir la richesse de ses outils. Elle anime aujourd’hui des ateliers et formations d’aromathérapie, propose des accompagnements individuels en cabinet et rédige régulièrement des articles d’aromathérapie.