Toxicité des huiles essentielles (partie 3)

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TOXICITE DES HUILES ESSENTIELLES :

LES Recommandations de prudence chez les sujets fragiles

La femme enceinte et la toxicité des huiles essentielles

Pendant la grossesse, l’utilisation des huiles essentielles doit être très guidée par des ouvrages ou les conseils d’un aromathérapeute, et quelques règles de prudence sont à respecter à la lettre pour tenir la maman ainsi que son bébé hors de danger. L’aromathérapie peut améliorer le quotidien d’une femme enceinte, notamment sur le registre circulatoire et digestif, et aussi pscho-émotionnel.

Eviter la prise d’huiles essentielles dans les trois premiers mois de la grossesse, en auto-médicamentation, car les risques de malformation sont plus importants.

Toutes les huiles essentielles contenant des cétones sont contre-indiquées : toutes les espèces de menthe, eucalyptus à camphre à pipéritone ou à cryptone, lavande aspic ou stoechade, romarin à camphre, sauge officinale, cèdre de l’Atlas.  Leur action, selon la dose, peut être abortive et neurotoxique. Un simple bain de siège avec quelques gouttes d’huile essentielle de rue, ou de sabine ou encore de thuya peut déclencher l’accouchement. Un aromathérapeute pourra dans certaines circonstances (terme, gravité du problème à traiter) instaurer un traitement à base de certaines molécules cétonique peu toxiques (comme hélichryse italienne, lavande aspic, romarin à verbénone), si leur bénéfice semble être évalué plus important que leur risque.

Eviter de prendre les huiles essentielles à phénols (thym à thymol, giroflier, sarriette des montagnes, ajowan) ainsi que l’huile essentielle de cannelle, ou tout au moins pas avant le 4ème mois, du fait de leur causticité cutanée et hépatique.

Les huiles essentielles à effet œstrogénique seront utilisées éventuellement seulement sur les recommandations d’un spécialiste: Toutes les huiles essentielles d’anis, fenouil, sauge sclarée, cyprès de Provence, cèdre de l’Atlas, céleri, lentisque pistachier, tanaisie annuelle.

A retenir pour la femme enceinte

Pendant la grossesse les applications sur la peau et les olfactions sont les deux voies privilégiées. Il faudra par contre éviter l’application des huiles essentielles sur la ceinture abdominale. Pour bénéficier de la voie olfactive, il faudra privilégier la diffusion atmosphérique mais aussi la respiration à l’intérieur des poignets d’une synergie d’huiles essentielles compatibles avec la grossesse et diluée à 10 ou 20 %. On évitera la voie orale.

L’aromathérapie chez le sujet allergique

Les molécules aromatiques ont un potentiel allergisant. Ce n’est pas une toxicité puisque cette réaction indésirable peut se produire même à l’état de trace.

Le risque allergique est surtout présent par l’utilisation des huiles essentielles sur la peau. La réaction n’a jamais lieu au premier contact mais aux suivants. Il faudra être extrêmement prudent chez un sujet allergique avec toute usage d’huile essentielle. L’expertise clinique montre que certaines huiles essentielles ont un potentiel allergisant plus important que d’autres : plus particulièrement : l’huile essentielle de laurier noble, de cannelle de Chine ou de Ceylan, l’huile essentielle d’inule odorante, l’huile essentielle pin maritime ou sylvestre, l’huile essentielle de menthe poivrée, les huiles essentielles de lavandes, de sauges, ainsi que les baumes du Pérou ou de Tolu.

Le risque allergique est plus important par voie cutanée que par voie interne, mais ce dernier est possible.

En cas d’allergie à une huile essentielle, le sujet peut réagir potentiellement à d’autres. L’utilisation des huiles essentielles est a posteriori déconseillée.

LE TEST D’ALLERGIE AUX HUILES ESSENTIELLES :

Il est conseillé de réaliser un test allergique au préalable de l’utilisation d’une huile essentielle ou d’une synergie lorsqu’il y a un doute. Pour cela déposer la synergie à utiliser à l’intérieur du pli du coude deux fois de suite, à 15 minutes d’intervalle et observer pendant au moins 48 heures, s’il n’y a pas apparition de rougeurs et de démangeaisons. Il peut effectivement y avoir des allergies à retardement. En cas de réaction, il ne faut pas utiliser le produit testé, et demander conseils à un aromathérapeute.

L’enfant, le bébé et les huiles essentielles

L’immaturité nerveuse, respiratoire, digestive et dermatologique du nourisson de moins de 30 mois en fait un sujet particulièrement fragile aux huiles essentielles. Leur utilisation n’est pas contre indiquée, mais les gestes doivent être aménagés pour apprivoiser la puissance aromatique et éloigner tout effet indésirable et tout risque toxique.

A RETENIR que l’huile essentielle de menthe poivrée est strictement contre-indiquée chez le bébé de moins de 30 mois à cause du risque de spasme pharyngé qu’elle peut provoquer (mort par étouffement).

Les grandes règles d’utilisation des huiles essentielles chez l’enfant

Ne pas utiliser d’huiles essentielles chez un nourrisson de moins de 3 mois
Ne jamais appliquer d’huiles essentielles pures sur la peau d’un enfant jusqu’à ses 5 ans. Les dilutions recommandées sont de 20 à 30% et seulement 5% pour les plus petit bébé
Ne jamais administrer les huiles essentielles par la bouche jusqu’à 5 ans
Réaliser systématiquement le test allergique avant l’utilisation d’une nouvelle synergie
Respecter les doses conseillées et les durées de protocole, et ne pas faire d’automédication. Se reporter à des sources fiables pour les recommandations (ouvrages ou articles pédiatriques)
N’utiliser aucune huile essentielle neurotoxique, ni aucune huile essentielle contenant des phénols
Privilégier la diffusion atmosphérique

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Docteur en Pharmacie, aromatologue et réflexologue. Aude Maillard a une approche très complète des huiles essentielles, à la fois scientifique et énergétique. C’est aussi et avant tout une passionnée des huiles essentielles avide de transmettre son savoir. Elle anime aujourd’hui des ateliers santé autour de l’aromathérapie ainsi que des formations professionnelles pour devenir aromathérapeute.