Maîtriser la dangerosité des huiles essentielles

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Pour faire en sorte que « l’aromathérapie, ne soit que du bonheur », il est important d’être non seulement efficace sur la pathologie à traiter, mais aussi et surtout, il est primordial de ne pas nuire à l’état de santé. Il est donc vivement conseillé de s’instruire sur ce sujet des huiles essentielles avant de s’auto-médiquer avec elles, avoir aussi des ouvrages pour être guider, éventuellement suivre des ateliers d’aromathérapie familiale pendant lesquels on peut poser ses questions.

Pour être rassuré : même si une huile essentielle est un pur concentré de molécules aromatiques, lorsqu’elle est utilisée dans les règles de l’art, elle n’a pas d’effet secondaire. On ne peut pas dire la même chose des médicaments dont le prix et le taux de remboursement sont d’ailleurs calculés en fonction de leur « balance bénéfice/risque », appelé dans le jargon du pharmacien le « service médical rendu » (SMR).

Voilà quelques conseils simples pour que les gestes soient adaptés à la dangerosité d’une huile essentielle.

Qu’est-ce que la dermocausticité des huiles essentielles ?

C’est le risque le plus fréquent auquel on s’expose quand on utilise une huile essentielle, c’est-à-dire le risque de brûlure de la peau et/ou de la bouche. Ce potentiel toxique est maîtrisé par la dilution impérative et suffisante de l’huile essentielle, voire même parfois sa contre-indication stricte sur la peau et par la voie sublinguale. Dans ce cas, pour cette huile essentielle la seule la voie d’administration possible sera la voie orale, c’est-à-dire la mise en gélule.

Repérer la dermocausticité d’une huile essentielle par sa sensation olfactive

A l’ouverture d’un flacon d’huile essentielle, la première information qui émane d’elle, est la sensation olfactive qu’elle procure à l’inspiration. Le nez a la capacité d’apporter énormément d’informations. D’une manière objective et universelle, une huile essentielle peut être plus ou moins piquante sur les muqueuses des fosses nasales. Elle peut même piquer simultanément le nez et les yeux. Cette agression des muqueuses respiratoires traduit systématiquement un potentiel irritant ou dermocaustique pour la peau et les muqueuses. Cette dermocausticité est bien sûr proportionnelle à la sensation caustique olfactive ressentie.

Cette huile essentielle aura donc le potentiel d’irriter la peau, voire de la brûler. Elle peut être potentiellement contre indiquée en application cutanée et même en sublinguale, sous peine de développer des brûlures des tissus. Dans tous les cas, sa dilution à 20% au moins dans une huile végétale est impérative.

ATTENTION, un potentiel irritant n’est pas toujours décelable par le nez, en cas de doute, il est important de se documenter sur un ouvrage de référence.

Repérer le risque irritant d’une huile essentielle par la sensation gustative

Si l’on ne connaît pas une huile essentielle, il est bien sûr vivement déconseillé de la mettre en bouche. Mais pour faire sa connaissance, il est possible d’en déposer juste une trace sur le bout de la langue. Pour cela, déposer une goutte sur une touche à sentir puis goutter du bout de la langue.

Cette sensation perlinguale gustative va apporter beaucoup d’informations.

La sensation peut être chaude : cette huile essentielle est surement une activatrice de la microcirculation.

La sensation peut être légèrement piquante : cette huile essentielle sera donc aussi irritante pour la peau. Il est recommandé de la diluer au moins à 20% dans une huile végétale avant son application cutanée.

La sensation peut être très piquante et même brûlante : cette huile essentielle est vraisemblablement dermocaustique. Elle n’est donc pas recommandée ni sur la peau, ni par voie sublinguale. La forme gélule, où l’huile essentielle est encapsulée, est la voie d’administration la plus fiable.

La trace déposée sur le bout de la langue n’expose pas à un niveau de dangerosité important mais il est réconfortant et prudent de rincer la bouche avec un peu l’huile d’olive.

L’identité de la plante : digestibilité et acceptabilité de l’huile essentielle en bouche

Les huiles issues de plantes alimentaires sont en général particulièrement intéressantes par voie buccale. Attention, quand la plante présente plusieurs chémotypes comme les thym ou les romarins, il faut par contre bien connaître le chémotype qui se met directement en bouche. La forme gélule est donc plus sûre. A noter qu’une gélule taille 0 contient en moyenne 5 gouttes maximum d’huile essentielle, toujours diluées pour ce qui reste avec une huile végétale alimentaire.

Les huiles essentielles de conifères sont plus utiles par le nez et sur la peau (diluées). Elles présentent même pour certaines quelques risques d’irritation des reins, la voie buccale n’est donc pas la plus adaptée.

C’est la même remarque pour les huiles essentielles d’Eucalyptus (radié et globulus), qui sont particulièrement utiles pour leur propriétés anti infectieuses respiratoires. On les utilise préférentiellement sur la peau et par le nez. Leur molécule active, le 1,8 cinéole (souvent en très grande concentration) ,est très peu digeste.

Il est utile de ne jamais perdre de vue qu’une huile essentielle est issue aussi d’une partie bien précise de la plante par exemple la feuille, l’écorce, la fleur, la graine …

Les fleurs se respirent, les fruits et les graines se mangent, l’écorce protège le tronc. Et si les feuilles et les aiguilles sont les poumons de la plante, la racine l’ancre et la nourrit. Comme par alchimie, au cours de la distillation, la plante livre de manière fidèle toute son identité, tant sur le plan pharmacologique qu’énergétique.

Les âmes sensibles saisissent par exemple que :

  • Les huiles essentielles de fleurs sont particulièrement efficaces par la voie olfactive
  • Les huiles essentielles d’agrume, se diffusent et se mettent en bouche volontiers
  • La molécule de 1,8 cinéole qui très indigeste lorsqu’elle est tirée d’un eucalyptus ou d’un melaleuca, a une bien meilleure acceptabilité digestive lorsqu’elle provient d’une huile essentielle de laurier noble ou de cardamome (belles plantes alimentaires). On peut donc anticiper dans une certaine mesure la bonne tolérance et l’acceptabilité de l’huile essentielle sur l’interface qui va la recevoir (cutanée, olfactive ou digestive).

CONSEILS DE PRUDENCE POUR L’UTILISATION DES HUILES ESSENTIELLES

L’automédication avec les huiles essentielles est vivement déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant de moins de 7 ans, et chez les asthmatiques et épileptiques. Pour ces sujets, l’utilisation des huiles essentielles doit être faîte de manière adaptée, les marges toxiques sont plus étroites et les huiles essentielles contre-indiquées sont nombreuses.

Ne pas utiliser une huile essentielle pure sur la peau sans connaître sa tolérance cutanée. (Idem pour la voie sublinguale)

La diffusion atmosphérique reste la voie d’utilisation qui présente le moins de risque toxique tant que les huiles essentielles dermocaustiques, neurotoxiques et abortives ne sont pas diffusées. Cependant les sujets asthmatiques peuvent déclencher une crise avec les molécules volatiles odoriférantes.

Ne jamais mettre une huile essentielle dans les yeux, les oreilles ou le nez. L’injection des huiles essentielles (IM, IV ou sous cutanée) est strictement contre-indiquée.

Procéder à un test allergique au préalable d’une application sur la peau pour un sujet qui a une peau réactive et allergique. Vidéo : faire le test d’allergie aux huiles essentielles.

Avant toute utilisation des huiles essentielles il est conseillé de connaître les huiles essentielles qui présentent des risques toxiques important comme les huiles essentielles dermocaustiques, les huiles essentielles neurotoxiques et abortives, et les huiles essentielles hépatotoxiques.

Lire toutes les règles de prudence d’utilisation des huiles essentielles.