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LES GESTES D’URGENCE en AROMATHERAPIE POUR LES PLAIES ET BLESSURES OUVERTES

 

 

Hippocrate disait que « si l’Homme tombe malade, il trouve la solution dans la nature, s’il sait la regarder ». Effectivement, Dame Nature fournit à l’Homme tout ce qui lui est nécessaire pour subvenir à ses besoins en matière de santé. Et, plus particulièrement, une partie du règne végétal est dotée de la capacité à synthétiser des molécules de type aromatique. Ces molécules, présentes à l’état d’essence dans la plante, ont la particularité d’être un véritable concentré d’actif que l’Homme recueille par distillation. D’un point de vue pharmacologique, leur puissance est inégalée dans l’univers de la phytothérapie. Hémorragie, douleur, problème cicatriciel ou infection peuvent être pris en charge par l’aromathérapie. Encore faut-il savoir réagir dans l’urgence, avoir le geste sûr. Les priorités sont à la prévention du risque infectieux et à l’arrêt de l’hémorragie en cas de plaies ouvertes.

La plaie ou l’effraction de la barrière cutanée

La peau est une barrière à de multiples niveaux. Protection mécanique, thermique, chimique, immunitaire, elle arrête aussi dans une certaine mesure les rayons ultraviolets. Lorsqu’il y a rupture de la barrière cutanée, les gestes de premiers secours sont bien sûr adaptés pour minimiser le risque de surinfection, canaliser l’hémorragie et favoriser le plus précocement possible le processus de cicatrisation. L’Homme vit dans un environnement microbien omniprésent. Une simple brèche sur la peau, associée à une négligence ou une faiblesse immunitaire, peut amener des complications infectieuses. Les agents pathogènes sont nombreux : staphylocoques, streptocoques, hépatite C ou même VIH dans certains milieux à risque. Un des domaines de prédilection de l’aromathérapie est bien celui de l’infectiologie. Toute huile essentielle est antibiotique, et les plus antibiotiques ont aussi des propriétés antivirales, antifongiques et même antiparasitaires. La logique pour optimiser les chances de guérison étant de soutenir l’immunité, les HE les plus précieuses en matière d’infectiologie (palmarosa, ravintsara, tea tree, origan compact, sarriette des montagnes…) ont aussi des propriétés immunostimulantes. On évitera seulement d’appliquer sur la peau les HE contenant des phénols ou le cinnamaldéhyde (origan, sarriette montagnes, giroflier, ajowan, thym à thymol et à carvacrol, les cannelles). Ces molécules aromatiques des plus anti-infectieuses sont malheureusement dermocaustiques, elles ne se prennent que par voie orale. Par voie cutanée, elles entraînent des phénomènes de brûlures irréversibles et douloureux. 

Pour la désinfection de la plaie, place aux huiles essentielles 

Le premier geste simple à faire en cas de plaie ou d’écorchure, c’est de laver la zone au savon de Marseille, dans la mesure du possible. Ce geste élimine au moins 90 % des germes et des salissures. Ensuite s’il persiste des corps étrangers dans les tissus (échardes, cailloux, piquants ou dard…), l’aspivenin constitue un excellent moyen pour les retirer. Puis, la réponse aromatique adaptée au risque infectieux se fait parmi un choix d’HE à la fois antiseptiques et bien tolérées sur la peau. L’utilisation de ces HE est largement conseillée en cas de plaie ouverte. Lorsque la surface n’est pas trop étendue, elles s’utilisent pures, non diluées dans une huile végétale. Dans le cas d’une femme enceinte ou allaitante, ou chez un enfant de moins de 3 ans, on les utilise diluées dans 30 à 50% d’huile végétale de noyau d’abricot. L’application des ces HE n’est pas douloureuse, elle est en général bien tolérée. Les huiles essentielles plus particulièrement utiles pour l’antisepsie des plaies sont celles de tea tree, de lavande fine, de thym à thujanol ou encore de marjolaine des jardins. L’emploi des antiseptiques allopathiques de synthèse n’est pas utile conjointement à l’utilisation des huiles essentielles. Un petit focus mérite d’être porté sur l’huile essentielle de tea tree qui remporte la palme en matière d’antisepsie des plaies et même des surfaces. Sa molécule active est le terpinéol-4. Ses propriétés anti infectieuses sont reconnues et ont fait l’objet de multiples publications et études universitaires. Déposée sur une compresse stérile ou à même la peau, elle permet de désinfecter sans traumatiser la chair mise à vif. Cette huile essentielle assure en plus un rôle détersif (c’est-à-dire de nettoyage des tissus) complémentaire, particulièrement utile pour favoriser le plus précocement possible la cicatrisation. Par ailleurs, son application dans une plaie ouverte est non seulement indolore mais aussi antlagique.

Des huiles essentielles pour stopper saignements et hémorragies

Une fois le « nettoyage » terminé, il peut être nécessaire, pour les plaies les plus profondes, d’aider l’organisme à stopper le saignement. La compression mécanique (par un pansement compressif) est vivement recommandée pour soutenir les phénomènes de coagulation. Le saignement est une réaction naturelle de l’organisme. Il a pour vocation première de débarrasser mécaniquement, par le flux sanguin, des salissures et des microbes. Mais l’hémorragie est handicapante et on cherchera donc rapidement à la stopper. En aromathérapie, il existe deux HE aux propriétés hémostatiques, le ciste ladanifère et le géranium rosat d’Egypte. Le ciste est un buisson du bassin méditerranéen qui, lorsqu’on s’approche trop près de lui, nous retient par sa résine collante présente sur ses rameaux feuillés. Ces effets colmatants sont à l’identique sur la peau lorsqu’elle a subi une effraction. L’HE de ciste est très utile pour les petites écorchures ou coupures. Elle stoppe rapidement le saignement en colmatant la brèche et favorise d’une manière inégalée la cicatrisation par la suite. L’HE de géranium rosat d’Egypte ne procède pas de la même manière. Lorsqu’il est déposé sur une coupure, dans un premier temps, l’écoulement sanguin s’accélère, dans le but de favoriser naturellement l’évacuation des bactéries et des salissures. Puis, rapidement, il se stoppe net. Ces deux HE soulagent rapidement un épistaxis (saignement de nez) en introduisant dans la narine une mèche de coton imprégnée d’une goutte de chaque jusqu’à arrêt du saignement.

Les huiles essentielles qui régénèrent les tissus

L’aromathérapie est un univers qui offre à l’Homme tout un panel d’huiles essentielles lui permettant d’agir efficacement dans la prévention mais aussi dans l’urgence. Une synergie bien pensée, spécifiquement destinée aux soins des plaies, va aussi présenter des propriétés cicatrisantes, destinées à restaurer l’intégrité des tissus abîmés le plus précocement possible. Le ciste ladanifère, cet arbrisseau du bassin méditerranéen est dît pyrophyte. Le passage du feu sur ses graines lève leur dormance en craquelant leur surface et en permettant à l’eau de rentrer et de faire germer la graine. Le feu est donc utile à la reproduction de cette plante, qui s’épanouit dans les garrigues souvent carbonisées par les incendies. Cette plante, qui se nourrit de l’alchimie du feu et de l’eau, apporte à l’Homme, par son essence, un actif particulièrement puissant pour travailler sur sa peau. Elle restaure la surface en travaillant sur le sang (principe du feu) mais aussi le système lymphatique (principe de l’eau). Toute cicatrice, plaie ou ride en surface de la peau sera dans la mesure du possible gommée, les pores seront resserrés, l’intégrité sera restaurée avec une rapidité étonnante. De la même manière, la lavande fine possède des propriétés cicatrisantes et antiseptiques des tissus. Elle peut donc trouver sa place dans une synergie de premier secours.

L'aromathérapie pour gommer les cicatrices

Certaines vilaines plaies, ou encore certaines régions du corps, demandent une attention particulière pour favoriser au maximum les processus naturels de cicatrisation. Refermer les plaies, gommer les traces, restaurer l’intégrité des tissus sont largement à la portée des huiles essentielles qui possèdent une affinité particulière pour la peau. L’HE de ciste ladanifère, celle de myrrhe amère ou encore d’hélichryse italienne, sont des incontournables pour accompagner une plaie récente vers sa cicatrisation complète. L’aromathérapie nous offre également certaines HE aux propriétés exfoliantes qu’il serait dommage de laisser à l’écart dans une synergie  spécifiquement destinée à cet usage. Ainsi l’HE de romarin à verbénone et celle de lavande aspic sont d’excellents actifs pour favoriser le renouvellement cellulaire. Employée deux fois par jour sur la zone à restaurer permettra d’obtenir une synergie complète particulièrement efficace. Pour cela, mélanger dans un flacon de 10 ml, HE ciste ladanifère 15 gouttes, HE hélichryse italienne 10 gouttes, myrrhe amère 15 gouttes, romarin à verbénone 10 gouttes et HE lavande aspic 10 gouttes, huile végétale de rose musquée QSP 10 ml. Appliquer cette synergie sur la cicatrice deux fois par jour, jusqu’à amélioration souhaitée.

 

MA SYNERGIE D’URGENCE

Propriétés : antibiotique, anti-inflammatoire, hémostatique et réparatrice des tissus.

Indications : plaies, coupures, effractions du tissu cutané par un objet tranchant ou piquant, cicatrice récente à refermer.

Contre-indications : femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans.

HE hélichryse italienne               5 gouttes

Helichrysum italicum

HE ciste ladanifère                     5 gouttes

Cistus ladaniferus

HE tea tree                               30 gouttes

Melaleuca alternifolia

 

Dans un flacon de 5 ou 10 ml, déposer les huiles essentielles selon le nombre de gouttes indiqué, refermer et agiter.

Mode d’emploi : déposer 2 à 5 gouttes maximum de la synergie directement sur la zone qui a subi le traumatisme. Répéter si besoin 2 à 3 fois de suite si l’hémorragie est importante. Poursuivre pendant 5 à 7 jours tant que le risque infectieux est présent, 3 fois par jour. Puis changer pour une synergie aromatique plus à visée cicatrisante si nécessaire (plaie profonde ou présente sur une partie fragile comme le visage ou une articulation).