Perte de l’odorat, Anosmie, COVID-19 : 8 huiles essentielles contre l’anosmie

Introduction

Le « COVID-LONG » s’installe en France en revêtant différents aspects symptomatiques, et un des plus fréquents est l’anosmie (perte d’odorat) souvent associée à l’agueusie (perte du goût).

L’impact de ce trouble sensoriel sur l’état de santé a tendance à être sous-estimé. Pour autant, les sujets qui en souffrent, sombrent dans un brouillard mental déprimant et handicapant.

Il n’est pas simple de faire la part des choses entre les effets du virus à long terme et le retentissement de la perte de l’acuité sensorielle au long cours.

Qu’en est-il précisément des conséquences de l’anosmie sur le quotidien de ces patients ? Comment les huiles essentielles peuvent-elles être utilisées comme des outils de rééducation, utiles pour accélérer la récupération ? Quelles sont celles à privilégier et comment faut-il les utiliser ?

La perte de l’odorat peut être parfois un signe annonciateur de l’infection au SARS-COV 2, mais plus souvent elle survient pendant ou après la phase aigue virale. Dans tous les cas, elle est subite et parfois violente. Les femmes sembleraient être plus souvent concernées, et l’anosmie pourrait même être parfois un symptôme isolé sans altération particulière de l’état général.

Notre nez, nous sert à la fois à capter l’oxygène contenu dans l’air, mais aussi à nous relier en permanence à l’environnement olfactif qui nous entoure.

Odorat, cerveau et santé

L’odorat est un sens archaïque, qui est tombé en désuétude dans nos sociétés qui communiquent principalement par la vue et par l’ouïe : écrans, pancartes, fluorescence, décibels, écouteurs… Plus d’un an après l’arrivée de la pandémie, on sait aujourd’hui que le SARS-COV2 révèle nos zones de fragilités, dans notre corps et sur notre planète : asthme et pollution, diabète et alimentation ultra-transformée, baisse immunitaire et surabondance de toxines chimiques.

Il nous prive aussi de notre sens le moins mis en valeur et le moins sollicité, pour autant le plus intime : l’odorat. Ne plus percevoir correctement les informations olfactives environnantes, prive le cerveau de nombreuses connexions, ce qui à terme peut être une source d’atrophie et de dégénérescence cérébrale ; le sujet anosmique est lui-même amputé d’un certain nombre d’informations le reliant à d’éventuels dangers imminents, ou bien de potentiels plaisirs qui pourraient lui faire du bien.

L’odeur nous tient en éveil, nous stimule, génère des envies. Les odeurs sont reliées aussi à notre digestion et à nos entrailles, elles nous mettent en appétit, elles nous aident à digérer… Privé d’odeur, l’homme devient plus anxieux, triste et sensible aux menaces extérieures. Sans pour autant tout de suite en avoir conscience, un sujet anosmique s’isole, s’étiole et se dévitalise à petit feu.

L’anosmie liée au COVID-19 = un handicap de chaque instant

George Sand disait que « le souvenir est le parfum de l’âme ». Comme une « carte d’intimité » qui s’inscrirait dans notre nez : chaque être humain créé la bibliothèque de ses mémoires olfactives, captées au fil de son existence. Mais alors, lorsque l’être humain en est privé au long cours le fil se rompt…

Les sujets qui souffrent de ce trouble de l’odorat décrivent un ensemble de symptômes intimes plus ou moins faciles à exprimer : désintérêt, fatigue chronique, troubles de l’attention, anxiété, palpitations, troubles digestifs, déprime voire dépression. L’anosmie a un réel impact négatif sur le quotidien, le bien-être émotionnel et même la mémoire.

En effet, le cerveau olfactif joue un rôle particulier dans les processus de mémorisation. Ceux-ci ont lieu au niveau de l’hippocampe, qui est une structure cérébrale précisément dans le système limbique qui s’avère être le siège des émotions et aussi le lieu d’intégration des odeurs inhalées.

D’ailleurs, un des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer est la perte de l’odorat. Vivre dans une bulle hermétique aux odeurs, semble donc être corrélé à des troubles cognitifs et à une dérégulation de certaines fonctions autonomes végétatives essentielles. Les médecins constatent en effet que les sujets anosmiques se plaignent souvent de palpitations : comme si l’organisme perdait sa capacité de régulation des systèmes autonomes.

Deux types d’anosmie liée au COVID-19 : anosmie courte et anosmie longue

La plupart des virus respiratoires, comme les adénovirus, rhinovirus, influenzae… entrainent des congestions des muqueuses respiratoires, et notamment au niveau ORL : il est commun de perdre transitoirement son acuité olfactive lorsqu’on souffre d’un nez bouché et de sinus encombrés. Le SARS-COV 2, quant à lui, entraine une perte brutale l’odorat sans pour autant qu’il y ait de symptômes congestifs ORL. On devine donc que la perte de l’odorat n’a pas le même mécanisme physiopathologique.

Celui-ci est encore mal connu, mais les premières pistes d’explication tendent vers l’hypothèse que les particules virales, présentent sur les neurones olfactifs, provoquent une réponse immunitaire pouvant amener une destruction de l’épithélium neuro-olfactif jusqu’aux zones centrales (dans le cerveau) de l’intégration olfactive. On comprend que la réponse immunitaire est individuelle et différente d’un sujet à un autre. Pour certains, l’inflammation est vite maîtrisée, et pour d’autre, elle s’étend et revêt des aspects neurodégénératifs inquiétants, responsables de l’anosmie au long cours

Le training olfactif pour retrouver l’odorat

Des études scientifiques montrent que l’exposition répétitive à des odeurs favoriserait la plasticité neuronale, c’est-à-dire la multiplication des neurones et les connexions entre eux. Et ce phénomène pourrait aider à moduler non seulement la régénération de la muqueuse olfactive chez les sujets ayant une anosmie post-infectieuse, mais aussi de maintenir l’état du tissu cérébral, curtout si le training olfactif est entamé précocement.

L’expertise clinique le confirme depuis le début de la pandémie et différents protocoles et kit olfactifs se sont développés à juste titre. Les médecins n’ont par ailleurs pas de réponse médicamenteuse à ce trouble neurologique et les patients concernés sont renvoyés vers une démarche de soins, personnelle et contraignante. Le protocole de rééducation est long (au minimum 4 mois) et les séances doivent être quotidiennes et renouvelées matin et soir. Mais les améliorations sont significatives après plusieurs semaines d’observance.

Quelles huiles essentielles choisir pour rééduquer son olfaction ?

Les protocoles proposés se basent sur d’anciennes études portant sur ce sujet précis de la rééducation de l’acuité olfactive, notamment sur l’inhalation de 4 odeurs, à respirer quotidiennement pas plus d’une minute chacune : ce sont celles de rose, de citron, de clou de giroflier, et d’eucalyptus (sans plus de précisions de l’espèce).

Il est intéressant de coupler ces données scientifiques aux connaissances des propriétés thérapeutiques intrinsèques des huiles essentielles correspondantes, pour cibler les plus pertinentes. Choisir des huiles essentielles à la fois anti-inflammatoires, immuno-modulantes, anti-dégénératives, décongestionnantes et même régénératrices cellulaires ne peut-être qu’un levier favorable supplémentaire pour agir aussi sur l’état des tissus nerveux et la présence de cellules immunitaires.

L’huile essentielle d’eucalyptus radié ou de laurier noble

Cette huile essentielle est connue pour son tropisme ORL, elle décongestionne les cornets, nettoie les parois respiratoires, renouvelle le tapis mucoïde indispensable aux cils vibratiles pour capter les molécules odoriférantes. Faisant partie par ailleurs des odeurs documentées et potentiellement efficaces contre le SARS-COV2, cette huile essentielle est vivement recommandée, , tout comme celle de laurier noble contenant la même molécule anti-virale documentée (1,8 cinéole = eucalyptol). On choisira donc soit laurier noble soit eucalyptus radié.

L’huile essentielles de citron ou de lemongras

Une étude a montré son intérêt pour atténuer le virus (action sur ses récepteurs), ou bien encore celle de lemongrass ayant une parenté olfactive avec celle de citron, car zestée et acidulée, et qui par ailleurs a un bouquet olfactif plus intense, et des propriétés à la fois anti-inflammatoires et anti-infectieuses. Elle semble être une huile particulièrement intéressante.

L’huile essentielles de clou de giroflier

Cette huile essentielle possède des propriétés particulièrement anti infectieuses et anesthésiantes, elle a donc un tropisme aussi neurologique, et c’est aussi une grande anti-infectieuse.

L’huile essentielles de rose de Damas et d’hélichryse italienne

L’huile essentielle de rose de Damas est connue pour ses puissantes propriétés régénératrices cellulaires et anti-inflammatoires utilisées souvent en dermo-cosmétique, à défaut on peut aussi penser à l’HE d’hélichryse italienne (l’immortelle de Corse) : elle est aussi régénératrice cellulaire, douce et même calmante nerveuse.

Elle n’est pas proposée dans les études, mais présente un intérêt cicatrisant et reconstructeur de l’épithélium olfactif évident. On l’utilise classiquement pour aider à la réparation des tissus qui ont été lésés par un trauma : de l’entorse (tissu ligamentaire), à la déchirure musculaire, ou encore la couperose (paroi vasculaire), en passant par les pertes de sensibilité due à une opération chirurgicale.

L’huile essentielles de menthe poivré

Autre huile essentielle potentiellement très intéressante, notamment pour les sujets les plus impactés, c’est l’HE de menthe poivrée. En effet elle fait partie des huiles essentielles à l’impact sensoriel les plus forts (particulièrement utile si l’anosmie est totale).

Le menthol est par ailleurs connu pour ses propriétés vasoconstrictrices et cette huile essentielle décongestionne parfaitement les muqueuses ORL. Les propriétés anti-inflammatoires respiratoires de cette huile essentielle sur les voies ORL ne sont plus à démontrer, et sa puissance sera très utile pour réveiller l’acuité olfactive perdue.

Le protocole de training olfactif pour rééduquer son odorat

A la maison, il est possible au quotidien d’accélérer la temporalité de récupération de son odorat d’une manière simple.

Matin et soir, il est conseillé pendant 5 minutes, de respirer à l’aveugle 4 huiles essentielles choisies parmi les précédentes (quelques dizaines de secondes pour chacune), et de noter les sensations perçues en l’un des trois items suivants :

  1. odeur perçue et identifiée
  2. odeur partiellement perçue mais non identifiée
  3. odeur partiellement ou pas du tout perçue et non identifiée

Après l’olfaction des 4 huiles, dans le cas où l’odeur n’est pas reconnue, il faut lire son nom, le dire à haute voix, et aussi regarder une représentation de la plante correspondante, pour reconnecter toutes les aires cérébrales liées à l’odeur : le nom, le langage, la vue, l’odeur, la lecture entre autres.

Pour une meilleure tolérance des muqueuses respiratoires, il est conseillé de diluer chaque huile essentielle choisie, au préalable dans une HV de pépins de raisins dont l’odeur est totalement neutre.

Pour cela, munissez-vous donc de 4 flacons vides en verre de 10 ml, mettez 12 gouttes d’HE et compléter jusqu’en haut du flacon avec l’HV de pépins de raisins (dilution à 5%).

Le plus pratique est donc de vous munir par ailleurs de 4 pots par exemple des pots à confiture ou pots de yaourt en verre (munis d’un couvercle), d’y mettre une boule de coton imprégnée de quelques gouttes d’une des quatre dilutions précédentes.

Rechargez régulièrement votre coton au fond du pot, environ tous les 10 à 15 jours.

Sous le pot, écrivez le nom de la plante, et imprimez par ailleurs les quatre représentations visuelles des quatre plantes sélectionnées : des feuilles d’eucalyptus ou de laurier noble, le lemongrass ou un citron, les fleurs d’hélichryse italienne, ou une rose, un clou de giroflier et/ou la tige de la menthe poivrée en fonction des huiles choisies.

Les olfactions doivent être brèves (pas plus de 5 secondes).

Le protocole doit durer aussi longtemps que nécessaire pour une récupération satisfaisante, il peut s’étaler sur 4 à 12 mois. Les huiles essentielles olfactées doivent toujours êtes les mêmes, pour bien suivre son parcours de progression.

Quand une odeur est totalement bien perçue, vous pouvez la changer par une autre difficilement perçues. La tenue d’un tableau des résultats obtenus à ces olfactions quotidiennes est nécessaire pour évaluer les progrès et entretenir sa motivation.

Chaque jour notez aussi votre état général : fatigue, déprime, nez bouché, écoulement, qui peut influencer votre résultat

Recommandations de prudence et conseils complémentaires

Ce protocole est déconseillé aux grands asthmatiques.

L’olfaction de courte durée ne pose pas de problème pendant la grossesse ou l’allaitement.

Ne Restez pas plus de 5 secondes le nez au-dessus du flacon, ce rituel doit rester plaisant et non contraignant.
Laissez une bonne dizaine de secondes sans rien respirer entre chaque pot.

Respirer l’odeur de sa peau entre chaque olfaction permet de « réinitialiser son nez ».

Ressources bibliographiques scientifiques

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  5. Effects of olfactory training in patients with olfactory loss Thomas Hummel
  6. Damm M, Pikart LK, Reimann H, et al. Olfactory training is helpful in postinfectious olfactory loss: a randomized, controlled, multicenter study.
  7. Konstantinidis I, Tsakiropoulou E, Bekiaridou P, Kazantzidou C, Constantinidis J. Use of olfactory training in post-traumatic and postinfectious olfactory dysfunction.
  8. Altundag A, Cayonu M, Kayabasoglu G, et al. Modified olfactory training in patients with postinfectious olfactory loss.
  9. Eucalyptol (1,8 cineole) from Eucalyptus Essential Oil a Potential Inhibitor of COVID 19 Corona Virus Infection by Molecular Docking Studies Dev Sharma
  10. Phytochemical analysis and in vitro antiviral activities of the essential oils of seven Lebanon species Monica R Loizzo
  11. Geranium and Lemon Essential Oils and Their Active Compounds Downregulate Angiotensin-Converting Enzyme 2 (ACE2), a SARS-CoV-2 Spike Receptor-Binding Domain, in Epithelial Cells K. J. Senthil Kumar

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