Repousser les bactéries, préserver le microbiote

Traitement antibiotique naturel puissant avec les huiles essentielles

Du fait de leurs propriétés antibiotiques, antivirales, antiparatistaires et même antifongiques, les huiles essentielles sont des outils de premiers choix en cas d’état infectieux et de baisse immunitaire. Nombreuses d’entres elles, sont par ailleurs respectueuses du microbiote et eubiotique, ce qui leur confère un grand intérêt pendant une épisode infectieux.

Aujourd’hui, il y a des défis majeurs dans le domaine de l’infectiologie : pallier le manque d’efficacité croissant des médicaments antibiotiques conventionnels, limiter les résistances bactériennes aux antibiotiques, maîtriser la baisse immunitaire des patients, occasionnée par les effets délétères du médicament antibiotique sur le microbiote intestinal.

Les huiles essentielles présentent de nombreux avantages et intérêts pour lever ces impasses et ces enjeux. Ces informations sont à diffuser, c’est une mission de santé publique, comme l’appel qu’a lancé l’OMS en 2014 pour encourager la recherche de nouveaux outils, contre les bactéries résistantes.

DISCLAIMER : les conseils donnés dans cet article n’ont pas pour objectif de remplacer un diagnostic et/ou une prescription médicale. Les huiles essentielles constituent d’excellents outils complémentaires, mais non alternatifs au médicament. Et dans cette indication anti-infectieuse, les médicaments antibiotiques et les huiles essentielles sont particulièrement synergiques.

Les huiles essentielles renforcent le microbiote

Si les études in vitro sur les huiles essentielles démontrent leur puissance antibiotique sur bon nombre de bactéries, leurs bienfaits sur les bactéries présentes naturellement dans les intestins est beaucoup moins documenté. C’est l’expertise clinique qui fait remonter cette intelligence supérieure des huiles essentielles, qui ont un objectif majeur : la défense et l’équilibre physiologique des lieux. Pour défendre, il faut combattre le pathogène sur tous les fronts, s’attaquer directement aux germes dangereux, mais aussi soutenir les forces de défenses naturelles présentes, à savoir l’ensemble du microbiote intestinal qui regroupe plus de 1014 bactéries.

Dans ce sens, un traitement à base d’huiles essentielles dîtes « antibiotiques » bien choisies et bien dosées, sera une occasion de prendre soin de son écosystème intestinal et de maîtriser le candida albicans qui est un champignon très souvent exacerbé par les médicaments antibiotiques conventionnels.

Mais prudence, car toutes les huiles essentielles n’ont pas le même potentiel antibiotique et peuvent présenter pour certaines d’entre elles, certains inconvénients.

Les meilleures huiles essentielles antibiotiques ?

Une infection bactérienne doit être impérativement traitée par des médicaments antibiotiques. Ce sont aujourd’hui les forces de frappe les plus puissantes, et ils sauvent des vies chaque jour, ne régressons pas dans ces acquis médicaux!

Il arrive cependant, parfois que certains foyers infectieux deviennent résistants au médicament. Dans ce contexte, les huiles essentielles sont très utiles en alternance des médicaments, pour aider à re-sensibiliser la bactérie au médicament. Cela a été démontré par un chercheur marocain (cf biblio). Pour optimiser le spectre d’activité antibiotique des huiles essentielles, il est recommandé d’associer dans une même synergie tout un panel de molécules aromatiques.

En aromathérapie, il existe deux niveaux d’efficacité des huiles essentielles dites antibiotiques : les huiles essentielles « fortes » et les « douces » . Les huiles essentielles les plus fortes antibiotiques ont un double inconvénient, celui d’être à la fois dermocaustique et en plus, hépatotoxique. Il faudra donc des mesures adaptées pour leur administration.

Voilà la liste de ces huiles essentielles :

Origan compact (origanum compact), sarriette des montagnes (saturera montana), ajowan (trachyspermum ammi), thym à thymol (thymus vulgaris ct thymol), clou de giroflier (syzygium aromatique) et toutes les huiles essentielles de cannelles.

Voilà une liste (non exhaustive) d’huiles essentielles sans risques de dermocausticité ni hépatotoxicité, et connues aussi pour leur puissance antibiotique (démontré in vitro, parfois in vivo) :

Thym à thujanol (thymus vulgaris ct thujanol), thym à linalol (thymus vulgaris ct linalol), lemongrass (cymbopogon flexuosus), tea tree (melaleuca alternifolia), niaouli (melaleuca quinquenervia), palmarosa (cymbopogon martinii), marjolaine des jardins (origanum majorana), laurier noble (laurus nobilis), ravintsara (cinnamomum camphora ct 1,8 cinéolm), lavande fine (lavandula angustifolia), bois de rose (aniba rosaeodora, feuille) et bois de hô (cinnamomum camphora var. linalol), coriandre semences (coriandrum sativum.

Ces dernières huiles essentielles seront privilégiées en cas d’infections légères, notamment en hiver pour leurs propriétés à la fois eubiotiques, mais aussi parfois antivirales et immuno-stimulantes via leurs effets sur le microbiote intestinal. Ces huiles essentielles peuvent aussi aider à pallier les effets secondaires de médicaments antibiotiques.

(Par exemple, dans une étude clinique randomisée en double aveugle (bas de page), les résutlats ont montré que le géraniol (qui est la molécule majoritaire de l’HE de palmarosa) a été significativement efficace sur les symptômes cliniques de la dysbiose (ballonnements, sensibilité intestinale) vs placebo. Il y a très peu de données d’études cliniques exploitables sur ce sujet précis. Vivement les suivantes)

Traitement antibiotique avec les huiles essentielles dermocaustiques ? Recommandations de prudence et d’utilisation

Il est recommandé de n’utiliser les huiles essentielles à fort potentiel anti-infectieux qu’en cas d’infection diagnostiquée par un médecin et nécessitant la prise d’antibiotiques, ou en cas d’infection amenant de la fièvre, et une altération de l’état général. Et en cas de traitement avec ces huiles essentielles, voici les recommandations pour optimiser les résultats:

Toujours en RELAI DU MEDICAMENT :

Origan compact, thym à thymol, sarriette des montagnes … sont utiles de préférence en relai du médicament (une fois le traitement terminé) pour consolider ses effets. De cette manière, il n’y a aucun risque d’interaction médicamenteuse et cela permet aussi de diminuer le risque de mycose/dysbiose très fréquente dès la fin de traitement.

POUR EVITER LA DERMO-CAUSTICITE (brulure de la bouche) :

Elles se prennent par voie ORALE (c’est en gélule), et non par voie sublinguale. Si le sujet n’a pas de gélule vide (se trouvent en pharmacie ou sur internet) pour avaler les huiles essentielles, pour optimiser au maximum la protection de la muqueuse buccale, il est conseillé de déposer 1 goutte de la synergie antibiotique sur un peu de mie de pain, de bien la compacter et de l’avaler rapidement avec un peu d’eau fraîche.

POUR EVITER L’HEPATOTOXICITE :

Respecter des doses dégressives, c’est-à-dire maintenir des doses fortes pendant 3 jours puis diminuer jusqu’à faire 8 à 10 jours de protocole pour éviter l’hépatotoxicité. (comme la posologie recommandée dans la formule ci-dessous). Le protocole peut être complété par la prise d’une huile essentielle hépato-protectrice comme celle de citron jaune (zeste) : 3 gouttes, 3 fois par jour à mettre en bouche pendant la durée du traitement.

POUR EVITER DE CREER DES RESISTANCES :

Ne pas prendre ses huiles essentielles « super anti-infectieuses » au moindre signe d’infection (rhume, mal de gorge ou petit syndrome grippal). Privilégier dans ce cas des huiles essentielles plus douces, par la voie sublinguale (comme tea tree, thym à linalol, ravintsara, lemongrass, marjolaine des jardins).

Respecter les recommandations de posologies (nombre de gélule par jour) et de durée de traitement (minimum 8 jours et maximum 10)

Ne pas arrêter le protocole aromatique dès que les symptômes ont disparu.

MA FORMULE : « Antibio universel »

Voici une formule mixte contenant un peu d’HE d’origan compact et d’HE de thym à thymol, mais surtout des huiles essentielles eubiotiques plus douces, pour optimiser la tolérance digestive et l’efficacité immunitaire.

Après chaque traitement antibiotique prescrit, il est conseillé de suivre le protocole aromatique proposé ci dessous, pour augmenter le spectre d’activité du médicament et aussi minimiser ses effets secondaires, notamment la baisse immunitaire occasionnée par la dysbiose intestinale qu’il provoque. Les infections mycosiques à candida albicans (intestinale, buccale ou vaginale) en sont un exemple.

Propriétés : aide à combattre les état infectieux d’origine bactérienne, fongique ou virale, soutient les défenses naturelles.

Indications : tous types d’infections bactériennes, virales ou fongiques, nécessitant un traitement anti-infectieux (en complément des médicaments antibiotiques ou antifongiques), baisse d’immunité, fatigue générale, perturbation de la flore digestive (dysbiose intestinale), troubles de la digestion, dysbiose.

HE thym à thujanol
Thymus vulgaris CT thujanol
4 ml
HE thym vulgaire à thymol
Thymus vulgaris CT thymol
2 ml
HE origanum compact
Origanum compactum
2 ml
Essence de citron jaune
Citrus limon
4 ml
HE lemongrass
Cymbopogon flexuosus
2 ml
HE palmarosa
Cymbopogon maritinii
4 ml
HV nigelle (ou alimentaire type olive)QSP 50 ml

Prendre un flacon vide en verre teinté de 50 ml muni d’un compte-gouttes capillaire, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, compléter jusqu’en haut du flacon avec l’HV de nigelle, refermer et agiter.

VOIE ORALE

Acheter (sur internet ou en pharmacie) des gélules vides (gélatine végétale type pullulane) taille 0 (adulte) et préparer les gélules pour la journée.

Une fois le traitement antibiotique terminé (s’il y en a), prendre 1 gélule, remplie de cette synergie, 5 fois par jour le premier jour et le deuxième (adapter si la tolérance digestive n’est pas bonne, n’en prendre que 4). Diminuer à 4 fois, le quatrième jour, et diminuer à une gélule à chaque repas, 3 fois par jour, pour faire 8 à 10 jours de protocole en tout.

Bien prendre seulement une gélule par prise, et étaler les prises sur l’ensemble de la journée.

CONTRE-INDICATIONS

Enfants, femmes enceintes et allaitantes, insuffisance hépatique et/ou rénale, prise de médicaments anti-coagulants. Allergie aux huiles essentielles. Sensibilité de l’estomac ou des intestins.

PRECAUTIONS D’EMPLOI

L’automédication avec les huiles essentielles est déconseillée chez l’enfant et pendant la grossesse. Il est préférable d’avoir un conseil personnalisé, guidé et suivi par un aromathérapeute. Respecter les posologies, les recommandations d’utilisation (en gélule) et la durée de protocole (minimum 6 jours et maximum 10 jours). Ces posologies sont fortes pour optimiser l’efficacité, chaque sujet devra respecter sa tolérance digestive et hépatique et espacer les prises en cas d’inconfort type échauffement intestinal ou sensibilité du flan droit (foie).

Avertissement

Ce conseil ne se substitue pas à une consultation médicale ni une prescription d’antibiotique, il s’inscrit dans une intention totalement complémentaire, notamment pour renforcer l’efficacité d’un médicament antibiotique trop souvent utilisé et dont l’efficacité n’est pas satisfaisante.

A lire, pour bien s’y retrouver entre les différentes huiles essentielles de thym.

BIBLIO

Le Dr Adnane Remmal, biologiste marocain a reçu le prix du public de l’Inventeur européen 2017 décerné par l’Office Européen des Brevets (OEB). 

Son innovation : « doper » des antibiotiques médicamenteux avec des huiles essentielles riches en carvacrol et en thymol (famille des phénols) pour réduire voire contrer l’antibiorésistance. 

Dans le communiqué de l’OEB, il est expliqué : 

« À l’échelle moléculaire, Adnane Remmal compare le fonctionnement d’un antibiotique à une clef servant à ouvrir une porte : “Dès que la clef ouvre la porte, la bactérie meurt, mais si une mutation modifie un tant soit peu la géométrie de la serrure, la clef n’entre plus et la bactérie devient résistante. En “dopant” l’antibiotique aux huiles naturelles, Remmal a inventé une clef qui ne se contente pas d’ouvrir la porte, mais qui la démolit. »

Le géraniol est significativement efficace sur la dysbiose : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36235860/

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